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Les ficelles du métier de cordeur

 

De Nalbandian à 20kg à Melzer à 31kg, en passant par Nadal à 25, la tension choisie varie... Balade en coulisses avec un cordeur officiel du tournoi de Paris-Bercy.

Benoit Mauguin est cordeur professionnel indépendant. Il opère sur les tournois du Grand Chelem, les tournois ATP et quelques challengers depuis près de cinq ans, notamment pour des marques comme Tecnifibre. Interview réalisée lors du PNB Paribas Masters de Paris-Bercy.

 

 


À combien tendent les joueurs ?

Benoit Mauguin : "En moyenne autour 24kg, entre 24 et 25kg cette semaine à Bercy, la moyenne baisse en revanche sur terre battue. Nadal et Tsonga sont à 25kg tous les deux, Monfils à 26 ou 25, Llodra à 23,5 et Djokovic joue à 27-28 ou 27-26 selon les tournois. Federer est lui à 23 – 21."

 

Y a-t-il des bizarreries ? Une vidéo du site de l'ATP ( z6.co.uk/fa ) montre que Davydenko a parfois fait corder ses cinq premiers travers à 17 kg et les suivants à 18...

B.M : "Non, ce cas était une exception. Davydenko a d'ailleurs repris ses habitudes depuis. On est revenu à des choses beaucoup plus conventionnelles."

 

Quels sont ceux qui tendent le plus et ceux qui tendent le moins ?

B.M : "Davydenko et Nalbandian font partie des joueurs qui utilisent les tensions les plus basses. Nalbandian est descendu de 22kg jusqu'à 20 pendant le tournoi de Bercy. A l'opposé, Melzer est monté à 31 kg.
Il y a une amplitude d'une dizaine de kilos environ entre les joueurs qui sont passés ici lors de la semaine. L'amplitude est un peu plus grande sur terre. Comme il y a plus de joueurs qui recherchent de la puissance sur cette surface on peut descendre à des 15 , 16 kg sur terre. Plus ils vont diminuer en tension plus ils vont récupérer de l'élasticité et donc de la puissance, au détriment du contrôle."

 

« Un kilo de plus à Bercy »

 

On tend plus en indoor?

B.M : "Oui, notamment cette année à Bercy. Certains, se sont même fait surprendre. Comme Murray, qui a envoyé son jeu de raquettes à recorder pendant son premier match. La globalité des joueurs est montée d'un demi-kilo voire d'un kilo pour pallier la vitesse des balles, connues pour être un peu plus rapides.


La surface du tournoi 2010 est également plus rapide que l'an passé, mais aussi plus rapide que celle des précédents indoors, notamment ceux de la tournée asiatique ou celui de Montpellier. Ce qui explique que Llodra et Federer adorent la surface. Elle favorise les joueurs à vocation offensive, on voit plus de volées, d'attaques... À côté, on peut voir que Gael s'éclate même sur une surface rapide...

Les joueurs ont donc dû tendre un peu plus pour obtenir du contrôle. Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples comme Nalbandian, qui a commencé aux alentours de 22 kg avant de passer peu à peu à 20, au fil des matchs."

 

« 3 ou 4 kg de supplémentaires en altitude »

 

"Plus largement, la tension varie en fonction du joueur, du court et surtout de la météo. Si un terrain devient plus lent avec la pluie, on essaie de récupérer la puissance qui manque à la balle par l'élasticité. A contrario, sur terrain sec et rapide, on cherche à contrôler avec des cordages plus tendus."

 

Y a-t-il des « grosses » différences chez un même joueur ?

B.M : "Oui, notamment à cause des différences d'altitude. C'est le facteur le plus problématique. Il y a des tournois très particuliers pour ça. Par exemple, à Johannesbourg, situé à 1200 m d'altitude, les joueurs utilisent 3 ou 4 kg de plus pour parvenir à contrôler la balle. Celle-ci est moins freinée par l'air et rebondit plus."

 

Benoît Mauguin au travail lors du Masters 1000 de Paris-Bercy en 2010.

 

Quel est le poids moyen d'une raquette sur le circuit ?

B.M : "Je dirais 340, 345 g, pas plus. Tsonga n'a pas une raquette lourde. Nadal non plus. Elle pèse 316g non cordée ! Par rapport au modèle équivalent en magasin, il y a donc très peu de masse à rajouter. L'amplitude est de 310 – 370, pour les extrêmes. Certes, Gaudio a une raquette de 384g, c'est à dire environ 400g cordée, mais c'est l'exception. La nouvelle génération de joueurs a opté pour un matériel un peu moins lourd que ses aînés."

 

Comment expliquez-vous cela ?

B.M : "Je pense que c'est notamment dû à l'évolution des cadres. Ils sont de plus plus profilés. Les joueurs sont donc obligés de diminuer le poids de leurs raquettes pour récupérer de la maniabilité."

 

 

« On est toujours à la recherche de la perfection »

 

 

Le poids est-il un facteur important ?

B.M : " Le poids doit être pris en considération, même si je dirais que l'important c'est surtout l'inertie de la raquette. Plus la raquette est lourde, plus on aura de poids à l'impact et plus on imprimera de la vitesse à la balle. Après, il faut mettre ça en relation avec l'équilibre, la taille du tamis etc. Par exemple, vous me disiez que la tension de Federer paraissait basse, mais il faut savoir qu'il joue avec un petit tamis, ce qui donne à sa raquette énormément de contrôle..." 

 

Les joueurs sont-ils aussi tatillons et superstitieux qu'on le prétend ?

B.M : " Superstitieux non. Mais ils sont exigeants et pointilleux car ils ressentent des différences que des joueurs lambda ne sentent pas, parfois au dixième de kilo près ! Au simple bruit, ils peuvent évaluer la tension qu'on a mise ! S'il y a un écart qui peut s'expliquer par chaleur de la pièce, parce qu'un cordeur n'a pas été très vigilant sur les pinces... s'il y a une toute petite différence, ils la remarquent. C'est pour cela que le métier de cordeur se professionnalise de plus en plus. On est toujours à la recherche de la perfection. La raquette et le cordage sont leur outil de travail, on a pas le droit à l'erreur.

Après, ils sont aussi parfois un peu paranos (sourire). Ceci dit, une fois qu'un joueur a trouvé le reglage optimum, le plus dur est fait.

Généralement à son arrivée dans un tournoi, il vient tester le service cordage : façon de corder, machine utilisée. Il confronte ses infos avec la vitesse du court, la chaleur de la salle, les propriétés de la balle utilisée, son etat de forme; puis revient faire quelques tests de tensions. Le plus souvent deux ou trois raquettes sont utilisées pour trouver, sur les jours qui précédent son entrée dans le tournoi, la tension idéale. C'est pourquoi, un cordeur va s'occuper des raquettes d'un joueur du début jusqu'à son élimination; l'objectif étant d'obtenir strictement le même résultat.

À côté de cela, je rencontre certains amateurs qui se prennent la tête sur le choix de la tension, alors qu'ils ne sentent même pas la différence... On ne verra pas ça chez un pro !" 



 

 


Propos recueillis par Tennis Addict, Florent Godard

Par florent godard


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Commentaires (7)

Vamos - 20/07/11 - 13h27

C'est intérréssent pour mon métier

- 30/03/11 - 21h00

benoit, serieux quand je t'ai vu au magasin, je ne croyais pas que tu était aussi professeionnel dans ton métier

ARNO11 - 25/03/11 - 13h41

il nous dit que l'amateur ne voit pas la différence alors qu'elle est la tension la plus adaptée pour un joueur lambda

moussache - 23/03/11 - 18h07

très instructif !

- 08/03/11 - 18h03

Merci pour cette interview très intéressante !

- 06/01/11 - 12h34

et comment devenir cordeur professionnel?

- 06/01/11 - 12h33

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