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La rubrique de P2H - Les filières du tennis de haut niveau en France (partie 1)

TennisAddict le mag n°8 - Septembre 2012 | 01 Septembre 2012 à 8h00

Par Jérôme Fechter

 

N°9 mondial junior en 2009, Pierre-Hugues Herbert est le seul joueur de la génération des 21 ans et moins, à avoir pu disputer récemment les qualifications de l'US Open, dont il a atteint le 2e tour après avoir éliminé le portugais Frederico Gil, N°113 mondial. Et c'est sur la valeur de son classement (249e) qu'il a pu entrer dans ce 4e Grand Chelem de l'année. Ce petit évènement est déjà en soi l'aboutissement de plus de 15 ans d'entraînement et notamment de 8 ans d'effort personnel au sein d'une structure individualisée créée autour de lui à Strasbourg par ses parents depuis l'été 2004. «P2h» nous racontera dans un prochain numéro comment il a vécu de l'intérieur ce projet familial ambitieux. En attendant, nous lui avons demandé de nous parler des différentes filières en France qui s'offrent aux tout meilleurs pour accéder au très haut niveau.

Pour devenir champion de tennis, il faut beaucoup d'heures d'entraînement mais surtout être entouré par les bonnes personnes (coach tennis, préparateur physique, parents, mécènes, …, etc.). La seule volonté du joueur ne peut suffire. Les plus grandes réussites couronnent souvent aussi un parcours qui a vu plusieurs structures et entraîneurs se succéder pour aider le joueur à se construire. Les formateurs que l'on côtoie dans sa jeunesse par exemple peuvent avoir une très grande importance sur le reste de notre carrière, car ce sont eux qui nous donnent le bon socle de jeu technique, tactique, physique, celui qui nous permettra ensuite avec le temps de percer à très haut niveau. Personnellement, j'ai choisi depuis toujours de rester chez moi pour m'entraîner avec mon père, prof de tennis. On a monté en famille depuis que j'ai 13 ans une structure sur mesure qui m'a permis de poursuivre ma scolarité en Allemagne tout en disputant sur 8 saisons plus de 150 tournois internationaux dans le monde entier. Mais il existe une multitude d'autres voies pour tenter de devenir un champion. Pour illustrer les différents parcours, je prendrai le cas de plusieurs joueurs nés comme moi en 1991. Albano, Julien, Adrien, Tak, Joachim et Constantin ont tous réussi à leur manière et à des degrés divers à confirmer leurs débuts prometteurs sachant qu'on faisait tous partie à 9-10 ans des tout meilleurs français. Leur exemple est donc révélateur.

La voie royale : La Fédé !

Roland Garros et la masse de nos licenciés donnent à notre fédération les moyens financiers d'investir dans une politique de formation pointue et durable, apte à permettre l'éclosion des champions de demain. Peu de pays au monde sont en mesure d'offrir à leurs jeunes espoirs ce que nous leur offrons ici dans l'hexagone, et c'est une chance pour tous. Les ligues régionales, les comités départementaux, et surtout les clubs, dans le cadre d'un programme national, assurent la détection et la formation des meilleurs éléments qui se voient proposer à 13/14 ans d'intégrer des structures nationales. C'est la 1ère marche, ce qu'on appelle les Pôles France.

Les exemples de joueurs français ayant suivi ces filières-type sont Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga ou Gilles Simon. Ces joueurs sont passés par la case Pôle France (13 à 15 ans), puis par ces autres structures très connues que sont l'INSEP (16 à 18 ans) et le CNE (18 ans et plus).

Mon pote et camarade de club Albano Olivetti, alsacien comme moi, actuellement Promo (N°57) et 210e ATP, est aussi passé par là, tout comme le picard Julien Obry ou le bordelais Adrien Puget, d'autres 91 avec lesquels je bataillais dur il y a 10 ans en « Interligues 11 ou 12 ans ». Albano, c'est un pur produit de la détection et de la formation fédérale (Pôle Espoir à Strasbourg, puis INSEP et CNE), qui a su, en se révélant un peu plus tard que d'autres, très bien travailler et évoluer au sein du système. Julien, N°310 ATP et N°46 français a gagné déjà 6 tournois Futures après avoir fini N°5 mondial junior en 2009, et vient de quitter la « fédé » pour voler de ses propres ailes. Quant à Adrien, vainqueur de la BNP-Paribas Cup en 2005 et -30 en 2009, après 1 an au CNE et des blessures à répétition, il a rejoint depuis 3 ans les USA et l'équipe de tennis universitaire de UCLA, où il poursuit sans doute de brillantes études tout en continuant de progresser.    

« Il faut des grosses qualités morales »

Les étapes proposées peuvent être pour le joueur une très bonne rampe de lancement. Les entraîneurs sont compétents et expérimentés, et la fédération met tout en place pour donner le maximum de chance à chacun de ses protégés. Les familles participent, mais l'essentiel du coût de formation (encadrement, hébergement, voyages) est assuré par la FFT, ce qui fait que ce cursus reste à la portée de toutes les bourses.

Cela dit, pour les garçons entre 13 et 15 ans par exemple, il n'existe que deux Pôles France à Poitiers et Boulouris, puis ensuite qu'un nombre limité de places pour chaque génération à l'INSEP et au CNE. Ce qui oblige l'enfant à quitter le domicile parental et à vivre loin de chez lui des années durant. C'est loin d'être une sinécure. Il faut de grosses qualités morales pour se former à cette rude école. Beaucoup ne résistent pas à l'éloignement, ou à la pression de la concurrence. Dans ces structures, il y a finalement pas mal de turn-over et les joueurs travaillent en groupe et changent souvent d'entraîneurs, ce qui fait que le suivi du joueur est un peu moins personnalisé. Cela fait dire à beaucoup que les structures fédérales sont loin d'être la panacée. Elles ne le sont pas plus selon moi que les autres filières dont je vais parler maintenant. Où que ce soit, aussi solide que soit l'encadrement ou l'entourage, c'est toujours le joueur, sa persévérance, son intelligence, ses facultés d'adaptation qui feront la différence.

Les académies et tennis-études privées

Ils ressemblent de près aux pôles fédéraux. Ils en calquent pour l'essentiel et avec plus ou moins de bonheur le fonctionnement - belles infrastructures, entraînement de groupe, sparring-partners en nombre, encadrement de qualité - à cette différence près que les frais de participation y sont en général multipliés par 10 pour l'aspirant champion, notamment s'il doit voyager avec son coach, à moins bien sûr, vu son niveau, qu'il ne bénéficie d'un traitement de faveur. Je n'ai donc pas grand-chose à ajouter concernant des académies installées en France telles l'ISP ou Mouratoglou par rapport à ce que j'ai déjà dit à propos des structures FFT. Les méthodes y sont quelquefois différentes, mais le principe et l'efficacité en sont très similaires. Aucun joueur de mon année n'est véritablement « sorti » d'un de ces centres, mais le francilien Tak-Khunn Wang, N°494 mondial et Promo (N°51) en 2011, à l'arrêt malheureusement depuis 7 mois pour cause de blessure, a continué dès 2009 de façon plutôt spectaculaire sa progression à l'académie ISP située à Sophia-Antipolis, après avoir très bien progressé au niveau fédéral à Poitiers, et poursuivi ensuite pendant 2 ans un projet individuel dans sa ligue. 

Les cellules privées individualisées 

Avec un coach au moins qui, comme c'est mon cas, se consacre à 100% à votre tennis, elles sont plus compliquées à mettre en place, beaucoup plus coûteuses aussi pour le principal intéressé, mais elles ont l'avantage de permettre au joueur de disposer d'une structure qui colle parfaitement à son projet. Les exemples les plus célèbres de champions qui ont choisi ce type d'environnement pour évoluer sont Jérémy Chardy et Marion Bartoli. Ces joueurs sont à la base restés chez eux et ont créé à demeure, en puisant dans leur entourage, une structure adaptée à leurs propres besoins. Cela leur a sûrement permis de trouver un équilibre, un épanouissement dans leurs familles respectives tout en suivant un programme d'entraînement strict.

Les mini-groupes 

Ils offrent la possibilité notamment de partager à plusieurs les frais d'encadrement, et présentent souvent une partie des avantages des cellules individualisées, mais pas celle du « sur mesure », difficile à obtenir lorsque votre entraîneur s'occupe de 2 ou 3 joueurs en même temps, ou encore continue d'exercer en parallèle une activité d'enseignant en club… Toujours est-il que ceux qui tentent l'aventure tout près de chez eux en montant seul ou à plusieurs leur propre structure ne sont pas nombreux, et que leur esprit d'initiative est rarement récompensé. Ils bloquent souvent sur des problèmes basiques de financement, d'intendance et, esseulés, ont du mal aussi à maintenir durablement leur effort.

« Les dés sont loin d'être jetés! » 

Parmi les 91, je citerai 2 exemples : celui de Joachim Sternbach, actuellement -15 et de Constantin Belot, -30. Avec des parcours différents, ils ont connu chacun de leur côté pas mal de mésaventures, sans avoir pour autant renoncé à accomplir une carrière à haut niveau. Meilleur joueur français de 7 à 15 ans, finaliste du championnat de France junior à 17, « Jo » a toujours en ce qui le concerne préféré faire cavalier seul en déclinant les offres fédérales. Dans un projet très individualisé assez similaire au mien en région parisienne, il n'a malheureusement pas encore réussi à « décoller », peut-être parce que, manquant de ressources, il n'a pas été assez présent sur les circuits pro et juniors. Constantin, lui, a été champion de France -14 en 2005, puis la même année champion du monde par équipes ITF dans la même catégorie (avec Puget et Sternbach). Il a suivi la filière classique, Poitiers, puis l'INSEP, mais, immobilisé 3 ans par des pépins physiques, a été contraint, par manque de résultats, de quitter les structures fédérales. Enfin remis sur pied, il a depuis repris sa carrière en se lançant sur le circuit pro par ses propres moyens. Il s'entraîne maintenant chez lui à Dijon avec Vincent Millot, occupe actuellement le 824e rang ATP après avoir notamment remporté en 2011 un Future.

Voilà ! Les structures, les filières sont là. Les possibilités offertes très larges et les chemins innombrables. Et puis, la route est longue et les dés sont loin d'être jetés pour tout le monde. Bien malin qui dira qui, d'ici la fin de la prochaine décennie, deviendra le meilleur de moi ou de mes copains d'il y a 10 ans : Albano, Julien, Adrien, Tak, Joachim ou Constantin, ou d'autres joueurs du crû 91 comme moi « classés » à l'ATP comme par exemple Florent, Hugo, Joffrey ou Jules...

2e partie dans le prochain numéro...

Par Jérôme Fechter


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