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Wawrinka : l'âge de raison

TennisAddict le mag n°12 - Mars 2014 | 03 Janvier 2014 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Longtemps dans l'ombre de Roger Federer, Stanislas Wawrinka s'est hissé à la troisième place mondiale grâce à sa victoire lors de l'Open d'Australie fin janvier. Avec au passage des succès sur Djokovic puis Nadal qui prouvent que le Suisse au revers de velours, désormais âgé de 28 ans, a franchi un palier, notamment grâce à l'apport de son nouveau coach Magnus Norman. Portrait.

UNE ENFANCE PAS COMME LES AUTRES

Jusqu'à 18 ans, Stanislas Wawrinka a vécu dans la ferme familiale, située dans la campagne vaudoise, à dix kilomètres de Lausanne. Son père allemand (Wolfram) et sa mère suisse (Isabelle) y cultivaient des produits bio, tout en accueillant des adultes handicapés mentaux. « Stan » s'est longtemps levé à 5 heures du matin pour aider son paternel dans les champs. Cette vie au grand air, entre montagne et lac, il la partageait avec son grand frère Jonathan, devenu professeur de tennis, et ses deux petites sœurs Djanaee et Naella. 

SES DÉBUTS AVEC UNE RAQUETTE

Sans antécédent familial, Wawrinka a découvert le tennis à 8 ans. Avant de devenir un dingue de la petite balle jaune vers 14 ans. L'année suivante, le Suisse décide d'arrêter l'école pour se consacrer pleinement à son sport : « C'était naturel pour moi, le bon chemin ». Mais désireux de lui faire prendre de la maturité, son coach d'alors, le Français Dimitri Zavialoff, lui fait «sauter» le circuit junior. Au risque de multiplier les défaites, souvent sur des scores très lourds, face à des adultes bien trop puissants et expérimentés.

PAS UN JOUEUR DOUÉ

Sans doute complexé par la technique impeccable de Roger Federer, son illustre compatriote, de 4 ans son aîné, le Suisse s'est toujours vécu davantage comme «un besogneux» que comme un pur talent : « Mon talent à moi, ça a été de bosser.  À la base, je ne suis pas talentueux. Jusqu'à mes seize ans, il n'y a pas eu un mec qui est venu vers moi me dire : "Toi, tu vas être un bon joueur." »

DES DÉFAITES FORMATRICES

Vainqueur de Roland-Garros juniors en 2003, membre du Top 10 l'espace de dix-huit semaines en 2008, «Stan» a longtemps plafonné en Grand Chelem. Régulier, il ne parvenait jamais à dépasser le stade des 8e de finale, avec par exemple une défaite en 5 sets face à Murray lors de Wimbledon 2009. Le premier tournant est intervenu en juin 2012, après une défaite au premier tour à Londres devant Melzer : « Je venais de perdre en cinq sets face à Tsonga à Roland et j'avais l'impression que tous les gros matches m'échappaient. C'est à cette époque, juste avant les JO de Londres, que j'ai eu une discussion avec Severin Lüthi (le capitaine suisse de Coupe Davis) où l'on a tout mis sur la table. Il m'a dit qu'il fallait accepter de perdre en restant concentré sur les choses importantes. Ça a été très important pour la suite de ma carrière. C'est là que j'ai pris une autre route pour aller plus vite et plus haut »

"Mon talent à moi,

ça a été de bosser !"

L'autre moment fort, c'est bien sûr ce choc contre Djokovic lors de l'open d'Australie 2013 (défaite 12-10 au cinquième set, en 8e de finale). « C'est en perdant ce match que je suis devenu un gagnant, a déclaré Wawrinka dans un entretien paru fin décembre dans le Matin. À partir de là, j'ai senti que les gens ont eu envie de me voir autrement. C'était pas de la pitié, non. Mais ils ont décidé que je méritais. Beaucoup pensaient qu'au lieu de m'aider, ce match allait me tuer. Un de plus que je jouais bien mais que je perdais. Malgré tout, il m'a beaucoup aidé. Ce match m'a prouvé intérieurement que j'étais capable d'évoluer au plus haut niveau.  Je le savais mais j'avais besoin d'une confirmation. Je suis le genre de joueur qui a besoin de preuves. On a eu beau me le répéter, si je ne confirme pas sur le terrain ce que je ressens, ça ne passe pas ».

LE PUZZLE SE MET EN PLACE

Doté d'un revers à une main qu'il maîtrise à la perfection, Wawrinka a amélioré son coup droit désormais redoutable, notamment lorsqu'il le frappe à hauteur d'épaule. Plus confiant dans les grands rendez-vous grâce à une saison 2013 de haut-vol (finale à Madrid, quart à Roland-Garros, demi à l'US Open, qualification pour les Masters), le Vaudois ne «donne» plus un match par manque de mental : «Avant, les gars savaient que ça allait être difficile contre moi mais ils espéraient toujours que je lâche un peu…»

Surnommé le « Bison » (1,83m pour 81kg), le Suisse n'a par ailleurs jamais cessé de progresser sur le plan physique : «J'ai suivi l'évolution du tennis. Comme dans tous les autres sports, on est plus forts physiquement qu'avant. On joue tous plus vite». «Quand on le voit comme ca, on dirait qu'il est un peu grassouillet ! Mais ce qui est très fort, c'est qu'il a une façon parfaite de se déplacer. Il pèse plus de 80 kilos mais il est agile, léger sur le court, il tient bien, se déplace bien», ajoute son ami Benoît Paire.

LE DÉCLIC DJOKOVIC

Le succès obtenu cette année face à Djokovic lors de l'Open d'Australie (9/7 au 5e set, à l'issue d'un superbe 8e de finale), constitue indéniablement un moment fort. Pour deux raisons: jusque-là, ces chocs finissaient toujours par échapper à Wawrinka. Ensuite, il a su enchaîner comme si de rien n'était pour dominer Berdych puis Nadal. 

« Il y a de la fierté. Parce que battre Novak en Grand Chelem, et surtout ici, où il se sent comme à la maison, c'est super difficile, jubilait Stan à l'issue de la rencontre. L'an dernier, c'était la surprise. J'avais tenu cinq heures à un niveau très élevé. C'était une révélation, même pour moi. Au cinquième, il avait été meilleur que moi. Pas cette fois. Il a eu plus de hauts et de bas que d'habitude, mais cette fois, je suis allé la chercher. J'ai un jeu qui ne lui convient pas trop et j'étais complètement frais ».

LA CONSÉCRATION AUSTRALIENNE

Même face à un Nadal diminué, Wawrinka n'a pas craqué (victoire 6-3, 6-2, 3-6, 6-3). Une nouveauté. Le voilà maintenant dans la cour des grands, dans le cercle très fermé de ceux qui savent ce que gagner un titre majeur veut dire.

«J'étais loin de pouvoir dire que je pouvais gagner un Grand Chelem. Je n'en avais même jamais rêvé. Ça ne faisait pas partie de ma ligne de carrière et de mon niveau. On rentre sur le court pour gagner. Mais quand je rentre contre Nadal ou Djokovic, je sais que ça ne dépend pas que de moi. Enfin jusqu'à maintenant ça ne dépendait pas que de moi (sourire). Apparemment ça change un peu. Avant le match, je ne pensais pas gagner. Dans ma tête, j'allais faire finale, être très content de mon tournoi, déçu d'avoir perdu en finale et rentrer en Suisse. C'est une bonne surprise ».

ET MAINTENANT?

Où se situent les limites du Suisse ? Pourra-t-il renouveler pareil exploit ? Lui prend les choses avec recul et philosophie. « On ne pourra jamais m'enlever ce Grand Chelem. C'est comme ma médaille aux JO (l'or du double, en 2008, gagné avec Roger Federer). Je fais ma carrière, mon chemin. Ma vie va changer, mais ma ligne de conduite sera toujours la même : travailler dur pour essayer d'avoir les meilleurs résultats possibles. Au tennis, on peut en demander toujours plus. J'essaie juste de me donner le maximum de chances d'avoir plus ».

MERCI MAGNUS!

Sans diminuer les mérites du Français Dimitry Zavialoff, le coach de ses tous débuts qui l'a mené jusqu'à la 9e place mondiale, ou de Peter Lundgren (juillet 2010 – septembre 2011), Wawrinka doit une fière chandelle à Magnus Norman avec lequel il travaille depuis avril 2013. 

Avec des résultats surprenants. « Je trouve que Magnus a effectué un travail extraordinaire avec Söderling, qu'il a fait grimper de 30e à 5e mondial, avec deux finales en Grand Chelem à la clé (Roland-Garros 2009 et 2010), estime Stanislas Wawrinka. Söderling me ressemblait un peu : il jouait très bien mais n'arrivait pas à passer certains caps. À la fin, il était vraiment installé dans le top 5. Chez Magnus, j'aime aussi son côté calme mais passionné ». «Prêté» par Federer, le préparateur physique Pierre Paganini l'accompagne également tout au long de l'année, tout comme Séverin Lüthi, capitaine de l'équipe helvétique de Coupe Davis.

"Au tennis, on peut en demander toujours plus"

L'OMBRE DE FEDERER

Mille fois, Wawrinka a été questionné sur Federer : « On me demandait même des trucs sur la vie privée de "Rodge". À un moment, c'était devenu insupportable. Donc j'ai dit stop. J'arrête. Je ne réponds plus». Forcément, arriver après le Maître aux 17 titres majeurs, n'était pas évident : « J'étais le Suisse qui perd. Toute ma vie, j'ai dû mener une rivalité impossible, que je n'avais pas choisie, avec le plus grand génie de tous les temps». Malgré la complicité entre les deux hommes, «Stan» n'a jamais hésité à critiquer publiquement «Rodgeur» pour ses absences en Coupe Davis. Mais les deux hommes ne sont pas restés brouillés bien longtemps. Cette saison, ils espèrent bien conquérir ensemble le Saladier d'argent. Après sa victoire à l'Open d'Australie, Federer a d'ailleurs passé un coup de fil à son pote Wawrinka : «Roger était comme un fou», s'amuse ce dernier.

UN PÈRE DE FAMILLE ÉPANOUI

Toujours accessible, de bonne humeur, plein d'humour, ce supporter de l'équipe de hockey-sur-glace de Lausanne est l'heureux papa d'une petite Alexia, 4 ans. Wawrinka est marié depuis décembre 2009 à Ilham Vuilloud, présentatrice à la télévision suisse. Malgré une brève séparation, leur couple a tenu bon. «Avec sa fille et sa femme à la maison, il est hyper équilibré, hyper calme, hyper sérieux, explique son ami Benoît paire. Stan aime concocter des bons petits plats. Il aime aussi faire des barbecues. C'est vrai qu'il a un petit côté homme au foyer !».

Par Baptiste Blanchet


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