Newsletter Notre magasin partenaire r Le tournoi des 4eme series
X

CONNEXION

Déjà inscrit(e) ?



Mot de passe oublié ?

Si vous souhaitez vous inscrire


Créer un compte

Conformément aux dispositions de la loi dite Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifée, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des données qui vous concernent recueillies via ce formulaire. Vous pouvez à tout moment exercer ces droits auprès de : TENNISADDICT-YAMS – 2 rue de la nuée bleue – 67000 Strasbourg ou de la page gestion de votre compte.

LE MAGAZINE DU MATÉRIEL DE TENNIS

CHAUSSURE

S'ABONNER

RAQUETTE

actu

Gerulaitis, le magnifique

TennisAddict le mag n°13 - Mai 2014 | 01 Mai 2014 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Champion dès la fin des années 70, l'Américain d'origine lituanienne Vitas Gerulaitis était avant tout connu pour ses sorties nocturnes et ses conquêtes féminines. Mort accidentellement à seulement 40 ans, le meilleur ami de Borg laisse l'image d'un homme aussi généreux qu'attachant.

Si le tennis avait eu à désigner son James Dean, il aurait sans aucun doute choisi Vitas Gerulaitis. Mort à quarante ans, ce play-boy flambeur aux longs cheveux blonds incarnait une autre conception de la vie et du jeu. Le plaisir, le «fun» restant sa motivation première. Ce qui ne l'a pas empêché de se bâtir un palmarès plus qu'honorable : 27 titres en simple plus 9 en double. Parmi eux, un tournoi du Grand Chelem conquis en décembre 1977 à l'Open d'Australie devant John Lloyd. Sans oublier une finale à l'US Open (défaite contre McEnroe en 1979), une autre à Roland-Garros (battu par Borg en 1980), deux finales au Masters (1980, 1982), plus deux demi-finales à Wimbledon (1977, 1978). Troisième mondial en février 1978, Gerulaitis a également participé à la reconquête du Saladier d'Argent par les Etats-Unis en 1979. Doté d'un coup d'oeil fabuleux, de jambes infatigables, Vitas Gerulaitis volleyait à merveille. A force de s'entraîner avec Borg, il avait acquis une solidité en fond de court qui lui a permis de briller sur terre battue. Toutefois, il aura toujours manqué à l'Américain le grand coup qui fait la différence. Enfin, son mental lui jouait parfois des tours face aux tous meilleurs, beaucoup plus «killers» sur le court. Raison pour laquelle, Vitas Gerulaitis n'a jamais pu gagner aucun de ses 16 matches (dont 12 officiels) contre Bjorn Borg qu'il considérait comme son meilleur ami, et qui disait de lui : «C'est vrai, je l'ai battu seize fois de suite, mais c'est parce que son style me convient parfaitement. J'adore les joueurs qui se précipitent au filet à la moindre occasion. La raison essentielle de mes victoires, c'est qu'il est nerveux quand il joue contre moi. Pourtant à l'entraînement, il ne l'est pas. Nous nous tenons de près. Parfois même, il me bat ». Plein d'humour, Vitas, qui fut également mené 16-0 par Jimmy Connors se gargarisa après avoir – enfin ! - dominé Jimbo : «Personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois de suite, personne !»

ADMIRÉ PAR BIG MAC

Ce sens de la formule résume bien ce personnage aussi flamboyant qu'inclassable, excellent guitariste, collectionneur de Lamborghini ou de Rolls, proche d'Andy Warhol comme de Mick Jagger. Son goût prononcé pour les virées nocturnes, la cocaïne, ses innombrables fiancées lui ont donné une aura incomparable sur le circuit : «Même quand on était en junior, on entendait de ces légendes : Vitas avait été avec telle actrice, il avait joué tel tournoi sous l'influence de telle drogue. Je me demandais comment diable faisait-il pour brûler la vie par tous les bouts», raconte John McEnroe dans sa biographie «You can't be serious». Natif de Brooklyn, Gerulaitis aimait particulièrement finir sa nuit au mythique Studio 54, célèbre club new yorkais. Au point d'y inviter ses supportrices pour une pyjama party à l'occasion de ses 21 ans. Autre anecdote mythique : à Kansas City, en 1977, pour fêter une victoire, l'idole sélectionne une cinquantaine de personnes sur le pas de la porte d'un night-club puis les invite à continuer la fiesta dans sa suite à l'hôtel, autour d'un buffet. A ses frais, comme d'habitude ! :
«Moi, je ne paierais jamais une addition pour vingt personnes si je ne connaissais que quatre d'entre elles.», soulignait souvent Borg, avec lequel on confondait parfois Gerulaitis. Mais ses compagnons de sortie (Noah, Vilas, Mc Enroe), appréciaient justement sa générosité, comme sa bonne humeur permanente.

UNE VIE MEILLEURE GRÂCE AU TENNIS

Cette forme d'épicurisme s'explique sans doute par l'enfance «à la dure» de Gerulaitis, fils d'un émigré lituanien (Vitas senior), ancien bon tennisman dans son pays qui fut son premier entraîneur. Car pour Vitas, véritable incarnation du rêve américain, le tennis constituait avant tout le moyen de s'élever socialement : «Le plus important est de pouvoir s'offrir une vie agréable au moment où on tire encore une certaine satisfaction du jeu. Sinon, il n'y a aucune raison de jouer». Très attaché à sa famille, Vitas avait d'ailleurs fait bâtir une grande maison que lui et sa sœur - qui figura parmi les 50 meilleures mondiales - partageaient avec leurs parents. Avec une piscine en forme de raquette et une Rolls dans le garage. Comme toutes les légendes, Gerulaitis est donc parti trop vite. Il a été retrouvé mort le dimanche 18 décembre 1994, vers 15 heures, au lit, dans la maison d'un ami située à Long Island. L'enquête a conclu à un décès accidentel. Le champion américain serait mort asphyxié après avoir inhalé du monoxyde de carbone, dégagé par un appareil de chauffage défectueux. «Vitas a eu une vie trépidante et parfois, même s'il n'y a aucun signe précurseur, le corps vous fait payer la facture», résumait Guillermo Vilas, avec tristesse et lucidité.

Textes : Baptiste Blanchet / Photo : Publicité Brut by Fabergé

Par Baptiste Blanchet


En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt.

OK En savoir plus