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Houdet redore le blason du tennis !

TennisAddict le mag n°23 - Septembre 2017 | 19 Septembre 2017 à 8h00

Par Jérôme Fechter

Vainqueur en simple de l'US Open et finaliste en double, associé à Nicolas Peifer,
le champion français trace ses objectifs en vue de Paris 2024.
(Ndlr : interview réalisée avant l'US Open)

Nullement résigné par l'arrivée d'une génération exceptionnelle, le Français âgé de 46 ans, ancien n°1 mondial, a changé d'équipe et espère un nouveau fauteuil pour 2018.

Tu étais n°4 mondial mi-août, avec l'avènement d'une jeune génération de joueurs : l'Argentin Gustavao Fernandez, les Britanniques Alfie Hewett et Gordon Reid. S'agit-il d'une nouvelle ère dans le tennis en fauteuil ?
L'arrivée de ces jeunes joueurs, qui ont entre 20 et 25 ans, est intéressante, passionnante même. Car cela m'oblige à me surpasser, à trouver des solutions face à des adversaires qui ne jouent quasiment jamais une balle de remise, un coup d'attente. Pour relever ce challenge, j'ai autour de moi une nouvelle équipe, avec laquelle j'ai entrepris un travail aussi bien mental, physique que tennistique.

Pas question de retraite donc à 46 ans ?
Non, un peu comme Federer et sans me comparer à cet immense champion, j'adore ça, je prends beaucoup de plaisir, d'autant que le circuit devient de plus en plus intéressant. Au départ, je pensais aller jusqu'à Tokyo, donc en 2020. Et maintenant, il y a Paris 2024, donc forcément, j'y réfléchis. Pour le moment, mon objectif est d'aller chercher des titres, car je sais que la place de n°1 mondial sera difficile à récupérer.

Comment évolue le jeu du tennis en fauteuil ?
La jeune génération joue comme les valides, c'est-à-dire avec une prise de risques maximale sur les premiers coups de raquette : au service, même en deuxième balle, en retour, etc. Avec l'idée que celui qui prend l'avantage dans l'échange le conserve jusqu'à la fin. Donc il faut faire comme Federer et aller encore plus de l'avant, en acceptant de commettre quelques erreurs. Cela tombe bien car j'ai plutôt un jeu d'attaquant, de puncheur. Mais forcément, je dois m'adapter en sachant qu'il y aura très peu de rallyes contre ces top-players, contrairement à ce que j'ai pu connaître dans le passé contre un Shingo Kunieda par exemple.

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STÉPHANE HOUDET EN BREF

- 46 ans, n°4 mondial (meilleur classt : n°1)
- 21 titres en Grand Chelem (4 en simple et 17 en double)
- 2 médailles d'or, 1 d'argent et 1 de bronze aux Jeux Paralympiques
Natif de Saint-Nazaire, amputé de la jambe gauche suite à un accident de moto, ce passionné de golf est père de 4 enfants.  Diplômé de l'école vétérinaire de Nantes, Stéphane fut classé 2/6 chez les valides.

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Cela suppose une préparation adaptée ?
Oui, à l'entraînement, j'ai quasiment supprimé les gammes. Je joue des points en quatre frappes maximum, en sachant que si je ne prends pas l'initiative dans l'échange, je risque de me retrouver en mauvaise posture, car je n'aurai pas deux occasions. Donc concrètement quitte à m'entraîner un peu moins longtemps, je me mets immédiatement en conditions de match.

Et sur le plan physique ?
Je travaille beaucoup au CNE sur une machine elliptique, debout avec ma prothèse de jambe. Je l'ai d'ailleurs perdue un jour en plein exercice à côté de Richard Gasquet, qui était très surpris ! Tous les exercices pour renforcer le haut du corps, je les fais avec ma prothèse. Mais le reste de la prépa se fait en fauteuil pour faire bosser les abdos, car la jeune génération est impressionnante de ce point de vue, il faut que je suive ! (rires). Et le reste du travail se fait en situation de jeu. En moyenne, je fais deux heures de tennis par jour, plus 1H30 de prépa physique, même s'il arrive que je n'aille à la salle qu'un jour sur deux. Le but est également de travailler les déplacements en fauteuil car il faut de la vitesse et de l'explosivité. Avant je faisais souvent le point avec mon service, aujourd'hui avec une frappe équivalente, le retour revient vite.

Avec la société française Corima, vous préparez un nouveau fauteuil ?
Oui en 2015, nous avions déjà mis au point un nouveau fauteuil qui m'a permis d'être à genoux et non plus assis, donc à mon bassin d'être en mouvement, de mieux me déplacer et de frapper des coups en extension, de retrouver cette sensation de transfert de poids vers l'avant, propre au tennis des valides. Il s'agissait d'une première étape très importante. Mais sans rentrer dans les détails, cette V2 de mon fauteuil va me permettre de jouer plus haut, de modifier l'angle de mon pied, et surtout d'être mieux attaché au fauteuil pour «faire corps» avec lui, car ce que j'ai gagné en liberté, je l'ai perdu dans le fait d'être compact au moment de la frappe. Et puis dans la tête, c'est fondamental de savoir que la mécanique suit pour jouer libéré, surtout dans cette discipline qui est un peu la F1 du tennis.



Sur le plan mental, tu suis une préparation spécifique ?
Oui, je l'ai assez peu fait au cours de ma carrière, estimant que j'étais bien dans ma vie, bien dans mon tennis et que je n'en avais pas besoin. En même temps, en visionnant mes matchs, je me rends compte qu'à certains moments, je n'étais pas prêt à aborder tel ou tel point, que sur tel autre, je manquais d'intention, donc je n'ai pas visé ma cible. En regardant Federer jouer, on comprend que l'approche du point est fondamentale, même mené 0-40, il s'en sort régulièrement en sortant deux aces et un service gagnant. Or aujourd'hui chaque point compte dans le tennis en fauteuil.

Quel matériel utilises-tu ?
Je joue avec une Babolat Pure Aero Play, avec un cordage VS Touch. En passant au boyau, j'ai un peu tâtonné au niveau des tensions, disputant le British Open avec trois tensions différentes. Actuellement, je tends à 24-25 kilos mais je vais redescendre sur des tensions plus basses autour de 21 je pense. Par ailleurs, avec les équipes d'Eric Babolat, on commence à étudier comment adapter les raquettes au tennis en fauteuil, notamment la forme du grip, sa taille. Je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à expérimenter.

Et pour le textile ?
Je suis sous contrat avec Spring Court. Sinon j'ai la chance d'avoir des partenaires comme Mat de Misaine, qui m'habille à la ville, Honda qui me fournit une voiture toute l'année, ou les montres Bell & Ross.

As-tu d'autres projets ?
Je suis en recherche de partenaires financiers car une saison coûte cher. Mais surtout, je suis en train de préparer un dossier queje compte soumettre au Comité directeur de la FFT avec l'idée que le tennis en fauteuil doit devenir un sport ouvert à tous, valides ou invalides, que tout le monde puisse s'y mettre pour le plaisir ou la compétition. Peut-être qu'au début, ce nouveau circuit pourrait davantage intéresser des joueurs de padel, de beach-tennis ou de niveau moyen au tennis, plus que Federer et Nadal, mais j'aimerais vraiment voir cette évolution se concrétiser.

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UNE ÉQUIPE COMPLÈTE À SES CÔTÉS

Jean de Saintilan (référent du DTN Jean-Luc Cotard pour le tennis en fauteuil), s'occupe de l'aspect tennis, Paul Quétin et Pascal Supiot assurent l'entraînement physique, tandis que Christophe Bourgois-Costantini et l'équipe de Ronan Lafaix prennent en charge le mental.

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Par Jérôme Fechter


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