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P2H. Une histoire alsacienne

Formé hors-circuit fédéral, scolarisé en Allemagne à Kehl, la cité jumelle de Strasbourg, l'alsacien de 19 ans (no.9 junior en 2009) et sa famille ont tracé leur voie. Un projet de départ sur les tournois internationaux soutenu par le mécénat, des cours le matin et les entraînements l'après-midi grâce au système allemand le reste du temps, lui ont permis de conserver une vie normale. -30, il espère faire partie des 300 meilleurs joueurs mondiaux d'ici un an.


 

 

Avec Gianni Mina et Julien Obry, Pierre-Hugues Herbert, 19 ans, fait partie d'une nouvelle génération désormais prête à atteindre le très haut niveau. Respectivement no.2, no.5 et no.9 au classement junior en 2009, ils incarnent le nouveau visage du tennis français. « Il faut remonter à la génération 81-82 pour retrouver nos jeunes espoirs à pareille fête sur le circuit ITF Junior, écrit Jean-Roch Herbert le père et entraîneur de Pierre-Hugues sur le blog du joueur. Dix ans plus tôt (…), la France plaçait aussi trois de ses représentants dans le TOP 10. Leurs noms ? Éric Prodon, N°3. Nicolas Mahut, N°5. et Paul-Henri Mathieu, N°8. »


"P2H" sur les traces de "PHM", la comparaison n'est pas anodine. Tout comme Paulo, P2H, licencié au Tennis Club de Strasbourg, est alsacien, tout comme son aîné, parti à quinze ans s'entraîner en Floride chez Nick Bollettieri, il a connu un parcours atypique… Récit d'une autre voie vers les sommets.

 

 

L'AbiBac et les premiers points ATP

 


Pour parvenir au plus haut niveau, le jeune et grand alsacien (1m88 et il n'a pas fini de grandir), vainqueur de Wimbledon en double et demi-finaliste à l'US Open la saison dernière, s'appuie sur un bon service et une bonne première balle. Ses points forts : un jeu tout en relâchement et complet, qui lui permet aussi bien d'arrondir ou de choper les balles que d'attaquer et de faire service-volée. « Je m'adapte à l'adversaire, explique Pierre-Hugues. Je varie et j'emmène souvent l'autre dans un registre différent du sien. S'il n'aime pas que l'échange dure j'essaie de le contraindre à jouer quand même etc. Je n'ai pas une filière de jeu type, même si à la base je suis plus un attaquant. »

Depuis le 1er janvier, le jeune de Mittelhausbergen, une petite bourgade de d'agglomération strasbourgeoise, est dans le grand bain. Mais son entrée sur le circuit pro n'a rien de précipitée. Au contraire, cette année, Pierre-Hugues a mis un frein à ses déplacements sur les tournois, pour préparer son AbiBac, un diplôme franco-allemand, né de la fusion du baccalauréat français et de l'abitur, qui marque la fin du lycée en Allemagne.
« J'ai déjà fini le contrôle continu et plus de la moitié des épreuves », raconte Pierre-Hugues, qui profite aussi de cette période moins chargée en tournois pour parfaire sa préparation physique.


S'il ne part plus qu'une fois par mois, « pour ne pas perdre les repères de matchs et les automatismes », il a tout de même réussi à glaner ses premiers points ATP lors d'un de ses quatre premiers futurs de l'année, à Lille en mars dernier. - 30 au classement français depuis octobre 2009 et 1080ème joueur mondial à l'ATP, il a pour objectif de descendre en dessous de la 300e place dans six mois à un an. Son but étant de passer le moins de temps possible sur les futurs et d'arriver dans les grands tournois.

 

 

Une expérience qui devrait venir enrichir prochainement un blog personnel déjà très fourni, avec récits de matchs, photos sur le court et en dehors... Un site en forme de témoignage ou de journal, où Jean-Roch Herbert ouvre ses classeurs, détaillant les profils, palmarès, et objectif du joueur, et même le budget prévisionnel 2010… Pour prendre du recul, mettre en mots une histoire inédite.

 

La vie normale

 

Car le parcours de Pierre-Hugues et Jean-Roch Herbert est peu banal. Scolarisé depuis l'âge de huit ans en Allemagne, au Einstein Gymnasium de Kehl, la petite ville voisine de Strasbourg sur l'autre rive du Rhin, Pierre-Hugues n'a jamais quitté l'école « classique », quand ses camarades partaient pour des sport-études loin de leur famille. « Dès les petites classes, il a fallu faire un choix, se souvient Jean-Roch. La question d'intégrer un pôle s'est posée, mais nous ne voulions pas faire une croix sur le bilinguisme. »
« J'ai eu de la chance
, commente de son côté Pierre-Hugues. J'ai mon père comme coach, je vais à l'école de la même manière que tout le monde, j'ai un cercle de potes etc. Je vis encore une vie normale. » Cette organisation ne l'a pas empêché d'atteindre les sommets de la hiérarchie du tennis junior. Elle l'a même un peu aidé au début. « En Allemagne, les cours finissent à 13 h 50, après on peut s'entraîner, ça m'a permis d'avoir des bons résultats très jeune. » Son père a, lui, été surpris des aménagements rendus possibles par l'administration lorsqu'il a fallu partir sur les tournois.

 

170.000 euros en cinq ans

 

Le problème se pose cependant plus tard, à l'adolescence avec l'ambition de s'engager sur des compétitions à l'étranger, et l'obligation de trouver des financements. Source de motivation, l'expérience de Jean-Roch Herbert avec la sœur aînée de Pierre-Hugues, classée dans les six meilleures Françaises dans la catégorie des 15/16 ans « Nous avons été dans l'impossibilité de suivre financièrement. Il a fallu l'envoyer seule sur les tournois français, la mettre au CNED etc. C'était un peu bâtard. »
Avec P2H, Il tente alors de trouver les moyens de faire aboutir le projet. Un vrai défi. « Entre 2004, début de son départ à l'international et 2009, cela représente un budget de plus de 170.000 euros, entre les déplacements, la rémunération du coach etc. », rappelle le breveté d'État du second degré, entraîneur depuis 30 ans et ancien négatif. Il leur a alors fallu se battre pour obtenir des fonds de particuliers, de la fédération, des collectivités… Sans personne pour les guider. Pas simple avec un mode de fonctionnement basé sur le mécénat, une méthode peu ancrée dans les mentalités françaises.

 

En compagnie de Gianni Mina, lors d'une journée pluvieuse à l'US Open 2009. Pierre-Hugues atteindra les demi-finales, son meilleur résultat en simple chez les juniors.

 

Pas la même équation que Gasquet ou Grosjean

 

« Être hors circuit fédéral n'est pas très atypique en soi, souligne l'alsacien. Mais ceux qui trouvent des financements pour aller à l'international sont rares, je n'en connais pas d'autres que nous pour le moment. »


Quid des Clément, Grosjean et autre Gasquet ? « Certes, il y a eu des phénomènes comme Richard Gasquet. Mais il s'agit de cas extrêmement rares d'enfants ultra-précoces. Ils ont donc trouvé des financements rapidement. » En ce qui concerne Arnaud Clément, classé 0 à l'âge de 18 ans et alors lycéen lambda ou Sébastien Grosjean, écarté par la fédération parce qu'on l'avait jugé trop petit, Jean-Roch précise qu'ils étaient déjà majeurs et parmi les tout meilleurs Français. Rien à voir, donc, avec un jeune adolescent talentueux mais ni précoce ni encore parvenu aux portes du circuit pro.


Quand aux difficultés de la relation père-fils/entraîneur-joueur, elle, beaucoup plus fréquente dans le tennis, tous deux évacuent l'once d'une difficulté supplémentaire. « Souvent quand cela se passe mal, c'est quand le père s'est improvisé entraîneur, qu'il ne l'était pas avant mais s'en est attribué lui-même le statut et les compétences. Ce type de parents a, d'ailleurs, souvent tendance à aller dans le sentimental, ce qui n'arrange rien », analyse Pierre-Hugues. Ce n'est pas le cas de mon père, qui était négatif, puis BE2 et a entraîné pendant 30 ans, lui sait de quoi il parle. »
« Personne ne trouve très surprenant qu'un bijoutier ou un artisan quelconque travaille avec son fils. On dit qu'il y a transmission »
, commente à son tour Jean-Roch Herbert. « Cela peut être un problème avec un entraîneur non professionnel, comme le dit Pierre-Hugues, car il peut avoir tendance à trop s'impliquer. Mais cela peut aussi être le cas entre un entraîneur et n'importe quel élève, ajoute-t-il. Il faut faire la part des choses entre la vie du joueur de tennis et celle du coach. Personnellement, j'ai appris à prendre du recul. C'est vraiment un métier. »

 

 

 Si P2H franchit les derniers échelons qui le séparent des tournois majeurs, les deux hommes auront réussi leur pari. Ils restent toutefois prudents. Lorsqu'on lui demande ce qui lui manque pour atteindre son objectif, le jeune Français répond : « 187 points » (sourire). Avant de citer, le développement physique, les automatismes à acquérir, le facteur mental, la maturité sur le terrain, l'expérience… Et aussi pas mal de chance. Bref un tout.


Son rêve ? « Jouer sur des grands courts avec du public, confie-t-il. Mon objectif au quotidien c'est de devenir numéro un mondial. » A l'heure où l'on reproche parfois aux Français un manque de mental et un physique en carton, malgré un grand talent, ces mots résonnent comme une promesse. Un petit aiguillon qui donne envie de surveiller, de près, ce joueur atypique.

 

 

Par Tennis Addict, Florent Godard.

 

 

Pour plus d'infos, rendez-vous sur le blog de Pierre-Hugues Herbert : www.p2h.fr

Par vanessa fechter


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