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Quand le tennis devient un sport de glisse

 

Encore peu connu, le tennis en roller associe des qualités physiques et tactiques (anticipation, transfert du poids du corps...) aux sensations d'un sport de glisse. Une pratique qui permet aussi aux joueurs valides et handisports de s'affronter dans les mêmes conditions de jeu. Autant que l'aspect ludique, le concept vise une meilleure intégration des sportifs en fauteuil dans les clubs de tennis.

 

 

« En l'an 2027, sa majesté Elizabeth II remet la Coupe au vainqueur d'un Wimbledon un peu particulier :  Un tournoi joué en rollers et sur parquet !  », prophétisait il y a quelques années un journaliste du quotidien britannique The Guardian. « Nous lui avons envoyé un e-mail pour lui dire que ce n'était pas de la science-fiction. », sourit Olivier Vergonjeanne.

Avec « Tennis et glisse », son association, il vient de créer à Nice un club de tennis en rollers et en fauteuil. « Le premier club affilié à la FFT avec uniquement des joueurs qui roulent », plaisante l'ancien entraîneur des équipes de France féminines de tennis handisport, à l'initiative du projet avec Fabrice Chargelègue, également entraîneur de tennis handisport.

Le concept est simplissime. Une seule règle change : après être retombée dans le court, la balle peut rebondir une seconde fois. Mais attention ! Une maîtrise minimum est requise sur les patins car le tennis-rollers interdit les freins. Les surfaces ne risquent pas d'être abimées mais le pratiquant oui : coudières, genouillères et même le casque sont fortement recommandés.

« Lendl s'entraînait en rollers ! »

L'idée est née il y a 17 ans, Lorsque, lassé de courir lors des entraînements physiques l'équipe handisport d'Antony dans les Hauts-de-Seine, Olivier Vergonjeanne décide d'enfiler sa paire de rollers. Très vite, il calque son jeu sur celui des athlètes qu'il suit au quotidien.

Concrètement, lorsqu'un joueur frappe de face ou vers l'avant, il suit son geste (ex: coup droit puis rotation vers la gauche, si l'on est droitier) et donc revient vers l'intérieur du court. Lorsqu'il est débordé et qu'il recule, il se tourne en revanche vers l'extérieur, l'espace à couvrir pour revenir à sa position initiale étant moins important dans ce sens. Pris à contrepied, il fait une rotation dans le dos afin de couper la trajectoire de la balle.

 

Co-fondateur du premier club de tennis en roller, Olivier Vergonjeanne

espère étendre cette nouvelle pratique en France mais aussi à l'étranger.

 

« On se déplace au même rythme qu'eux, il faut se déplacer exactement de la même manière pour être efficace, explique Olivier Vergonjeanne. Pour quelqu'un qui débute dans l'enseignement, cela permet d'assimiler plus rapidement les différentes techniques de déplacement et replacement propres au tennis en fauteuil et de mieux évaluer les performances de ses athlètes handisports »


Même si cela paraît étonnant, l'utilisation des rollers sur les courts n'est pas totalement nouvelle. « Henri Leconte l'a pratiqué pour s'amuser et Ivan Lendl, ancien joueur de hockey, l'avait intégré dans sa préparation physique l'hiver », rappelle le professeur de tennis également responsable du tennis en fauteuil pour la FFT dans les Alpes-Maritimes.

Plus qu'une curiosité, le tennis sur roues séduit ainsi par ses vertus ludiques mais aussi techniques : exercice de coordination, d'adresse, d'équilibre, il développe aussi le sens du jeu. Les reprises d'appuis étant beaucoup moins rapides, le joueur est très vite pris à contrepied et doit en permanence anticiper les réactions de son adversaire « sinon ça ne pardonne pas ! »

 

Valides et handisports sur le même terrain

 

Emprunté au début, le roller-tennisman découvre ou redécouvre également des sensations de base, comme le fait de traverser la balle. Un exercice enseigné dans toutes les écoles de tennis. Le joueur se retrouve tout le temps en appuis ouverts face au filet et est obligé de tourner les épaules puisqu'il doit faire un tour sur lui-même après chaque frappe.


Toute une éducation corporelle, qui permet de « débloquer » certains joueurs et de booster son niveau de jeu. « Lorsqu'on qu'on déchausse les patins et qu'on rejoue normalement on a une marge de sécurité supplémentaire et un meilleur sens du jeu, commente Olivier Vergonjeanne. Ce qui est logique puisque le roller ajoute de nouveaux problèmes à résoudre. »

 

L'ancien no.1 mondial handisport

VS un première série en roller

 

Des contraintes identiques à celles du tennis en fauteuil, qui permettent de réunir les deux types de pratique sur roulettes sur un même court et de niveler les écarts.

Laurent Giammartini, numéro un mondial français de tennis en fauteuil de 1993 à 2000, abonde : « La pratique en rollers se rapproche fortement de la pratique en fauteuil. Je me souviens de matchs très accrochés en trois sets avec Olivier. Je peux jouer avec un 2eme, un 1ere série ou bien avec mon fils de neuf ans. Ça ouvre des perspectives. »

 

Mieux intégrer les fauteuils dans les clubs

 

Amener le plaisir de la glisse dans le tennis et intégrer le handisport, telle est la double idée de départ. Les deux sont même liées. Une personne handicapée pourrait ainsi s'inscrire dans un club non doté d'une section handisport mais accueillant des joueurs de tennis en rollers. Une aubaine pour des pratiquants de tennis en fauteuil qui ont souvent du mal à trouver des vis-à-vis.

« C'est très difficile de trouver des adversaires, regrette Christine Schoenn, no.2 française et 12ème joueuse mondiale de tennis handisport. Avoir en face un bon joueur valide en roller, un professeur de tennis par exemple, permet d'avoir du répondant et de jouer à égalité. Je peux le manoeuvrer, lui faire un enchaînement court croisé puis long de ligne, le prendre à contrepied etc. Même s'il reste avantagé, notamment par sa taille, réhaussée par les rollers ! »

Car la mixité handisports-valide est d'ordinaire beaucoup plus compliquée. « Je me suis déjà inscrite dans des tournois valides et, même si cela se passe souvent très bien, certains joueurs se sentent vraiment déstabilisés car j'ai le droit à deux rebonds et eux un seul. Ils pensent que le point est fait et la balle revient... raconte-t-elle. C'est déjà arrivé qu'on refuse de jouer contre moi et parfois les juges arbitres me font jouer des niveaux élevés rapidement pour me faire sortir du tableau... »

 

Pour elle, mélanger les catégories c'est aussi changer l'image du handicap et faire découvrir le handisport. « Jouer ensemble, en famille notamment, c'est quelque chose de très valorisant, analyse la joueuse de Cagnes-sur-Mer. Et on se prend au jeu. Lorsqu'on est vraiment passionné et qu'on voit du tennis handisport, que ce soit à côté d'un tournoi valide ou un match rollers-fauteuil, on regarde. Le sport c'est le sport »

En attendant d'étendre le modèle en France et à l'étranger, Olivier Vergonjeanne et Fabrice Chargelègue multiplient l'organisation d'événements, avec comme point d'orgue « Roulant Garros ».

 

 

Une compétition qui regroupe chaque année les plus grandes stars du tennis en fauteuil. Stéphane Houdet, n°1 Français et n°2 mondial, Mickaël Jeremiasz ex n°1 mondial et médaillé d'or en double aux jeux paralympiques de Pékin avec Stéphane Houdet (voir vidéo ci-dessous), Nicolas Peifer, n°2 français, Laurent Giammartini et Christine Schoenn étaient présent lors de l'édition 2010 en compagnie d'un invité de marque, la star du roller Taïg Khris.

Au programme des matchs en simple en double, avec des équipes roller-fauteuil, et même des matchs en triple ! « Un système où tout le monde commence au fond et se déplace en triangle »

 

Le tennis bientôt aux X-Games ?

 

Et l'imagination d'Olivier Vergonjeanne de Fabrice Chargelègue n'a pas de limites. « On pourrait aussi imaginer un court équipé de rampes le long des couloirs de double et sur lequel s'affronte deux équipes de quatre joueurs qui réalisent des figures libres et imposées entre deux coups de raquettes, sourit Olivier Vergonjeanne. Le handisport y aura aussi sa place. On voit aujourd'hui des athlètes en fauteuil se lancer sur des pistes de skate et même réaliser des sauts périlleux etc. »

Qui sait, après chaque jeu, une cohorte de juges internationaux lèveront peut-être leurs tablettes pour noter les athlètes façon patinage ou gymnastique...Bienvenue dans le tennis du futur : sport de glisse ouvert à tous, pratique artistique, presque un sport extrême...

 

 

 

Par Tennis Addict, Florent Godard

 


 

 VIDEOS

Quelques images de tennis rollers

 

Quelques grands moments de tennis handisport :

Finale du double messieurs aux Jeux Paralympiques de Pékin, remportée par la paire Houdet-Jeremiasz en 2008.


Finale dames de l'Open de France 2007 :


 

Par florent godard


Commentaires (1)

- 21/12/10 - 19h25

Super article! La médiatisation permet de transmettre les informations... Bravo, continuez. Ayla

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