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Il y a un mois, nous ouvrions le chapitre de cet Open d’Australie 2010 par un souvenir : les larmes de Roger après sa défaite contre Rafa en 2009 ! Un mois plus tard, ce sont celles d’Andy Murray qui parachèvent le triomphe du roi.

Ces larmes ne sont pas anodines. Elles expriment toute la frustration, voire l’humiliation, d’un joueur qui s’est fait battre à son propre jeu. Car si Federer est un gentleman, c’est aussi un redoutable compétiteur qui prend un malin plaisir à défier ses adversaires sur leurs points forts. Andy, prince de la variation, du changement de rythme et du contre ? La réponse du Roi Roger fut cinglante : slices, lifts, amortis, balles sans consistance, accélérations dévastatrices, variation d’effets et d’angles au service, touché à la volley. Le récital du maestro renvoie le jeune écossais à ses études.

On avait eu le même sentiment lors de sa demi contre Jo. Une agression en règle, en puissance, pour venir finir ses points au filet, sans jamais laisser la moindre occasion au puncheur français de poser sa patte sur le match.

Roger veut prouver à lui-même et au monde entier qu’il est le meilleur. Mais être le meilleur pour lui ne signifie pas simplement battre tous les records existants (celui de Pete Sampras du nombre de semaines passées à la tête du classement mondial tombera sûrement à l’occasion de Roland-Garros). Il veut être le meilleur sur tous les registres, quelque soit le type de jeu.

C’est ce “moteur”, empreint d’une certaine forme de vanité, qui le fait avancer. Il lui reste d’ailleurs deux derniers défis : gagner les Jeux Olympiques de Londres en 2010, et surtout … battre Rafa “à son propre jeu” à Roland ! Il n’y est jamais parvenu, et cette approche tactique lui valut même une fessée mémorable en 2008 (1/6 – 3/6 – 0/6). Sa victoire de l’année dernière contre Sテカderling lui laissa forcément un goût d’inachevé.

Roger souhaite vraiment que Rafa se rétablisse très vite. Pour que l’affrontement final puisse avoir lieu…

Par Tennisaddict, Jérôme Fechter