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Au coeur de l’US Open

Chaque tournoi du Grand Chelem est différent. L’US Open se joue sur dur comme l’Open d’Australie, sur un ciment ni trop lent, ni trop rapide qui permet à tous les joueurs de s’exprimer. Le tennis reste un sport majeur aux àtats-Unis. C’est dire que Flushing Meadows  est une fête qui attire les foules. Et le public y est indiscipliné, rebelle, bigarré, cosmopolite à l’image de la cité new-yorkaise qui accueille l’événement. C’est la 3ème fois que je joue ce tournoi et c’est toujours une énorme fierté d’y être. C’est ici qu’en junior en 2009 j’avais atteint les demi-finales en m’inclinant contre Bernard Tomic. Donc mes souvenirs y sont plutôt bons.  Je me rappelle aussi avoir côtoyé cette année-là d’encore plus près qu’ailleurs les meilleurs joueurs du monde. Car, au contraire de tous les autres tournois du Grand Chelem, il n’y a pas de cloisonnement des joueurs en fonction des niveaux à l’US Open.

Juniors, joueurs de qualif’ ou du tableau final y sont tous logés à la même enseigne et partagent restaurant et zone de repos. Ce qui m’a permis à moi, et aussi à mes proches qui avaient fait le déplacement pour me soutenir, de vivre encore”cette année au quotidien auprès de toutes les stars du tennis mondial. D’ailleurs, pour l’anecdote, Rafa avait choisi son casier presque à côté du mien dans les vestiaires. Un lieu où j’ai particulièrement apprécié la qualité des services de soins procurés . Une armée de kinésithérapeutes et masseurs étaient à notre disposition toute la journée pour notre bien-être. Ayant pendant cette période une pointe à la cuisse, j’en ai profité au maximum pour que la blessure ne s’aggrave pas.  De plus, jouer l’un des 4 plus gros tournois du monde, à 20 minutes de la mythique île de Manhattan, c’est le rêve. Même si l’on n’est pas venu là pour le tourisme, on trouve toujours à New York le temps de courir pour un petit réveil matinal dans Central Park, ou alors de se sentir tout petit en se baladant entre les immenses buildings dans la “ville qui ne dort jamais”. 

 “Big Apple, tu ne perds rien pour attendre !”

Mais bon, comme indiqué un peu plus haut, ce n’était pas le but. Cette année j’abordais donc l’US Open avec la ferme intention de me qualifier. J’avais d’ailleurs loué dans cette optique un appartement à 5 minutes du stade dans le Queens pour pouvoir me concentrer pleinement sur mon tennis. J’avais préparé ce tournoi tout d’abord en prenant du repos en montagne, et en faisant ensuite une bonne semaine d’entraînement avec mon coach (et père) Jean-Roch ainsi que Gregory Rousseaux mon préparateur physique. J’étais prêt au combat. J’ai vaillamment passé le premier tour en 3 sets contre l’argentin Maximiliano Estevez, 341ATP, mais m’incline malheureusement contre le canadien Frank Dancevic, N°153, le lendemain dans la nuit sous les projecteurs 7/5 4/6 7/6. Un score ultra serré donc et 2 balles de match qui n’auront pas suffi pour passer le 2e tour. Dur dur!

Les progrès sont là, mais les résultats ne suivent pas encore. Je compte bien néanmoins revenir à l’US Open dans un futur assez proche pour jouer le grand tableau et pourquoi pas y régaler le public du Arthur Ashe… dans une de ces night sessions interminables où règne une ambiance délirante… de celles que nous, fans de tennis français, nous suivons «live» sur  notre canapé et devant notre petit écran très tard dans la nuit.Car il m’est toujours permis de rêver. Certes je passe souvent à côté pour le moment, mais ça ne fait rien; j’ai l’impression de suivre mon petit bonhomme de chemin.  La preuve, sans faire de miracles, j’atteins cette semaine le meilleur classement de ma carrière : 210ème ATP. «Big Apple», tu ne perds rien pour attendre !