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L’usage des compléments alimentaires entraîne toujours des risques élevés de dopage involontaire. L’apparition de labels et de systèmes garantissant la fiabilité des produits réduit toutefois cette probabilité et fournit une excuse de moins aux tricheurs.

 

Janvier 2004. Greg Rusedski clame son innocence. Contrôlé positif à la nandrolone, le Britannique estime avoir été dopé à son insu par des compléments alimentaires fournis par des soigneurs de l’ATP… Il va même plus loin, en affirmant que plus de 40 des 120 meilleurs joueurs mondiaux présentent un taux élevé de cette substance anabolisante.

Baroud d’honneur d’un joueur de trente ans acculé vers la sortie ou bonne foi ?

Si l’argument du dopage involontaire est une ligne de défense classique, l’honnêteté de Greg Rusedski, qui sera finalement blanchi, n’est pas douteuse pour autant.

 

10 à 70% des produits contaminés

” 15% des compléments alimentaires contiennent des substances dopantes non mentionnées sur la notic” “(1), explique Dorian Martinez, fondateur du numéro vert ” Ecoute dopage ” et du label WALL-Protect®.
Des études rapportées par l’International Sportmed Journal en 2007 font également état de 10 à 25 % de produits qui ne préciseraient pas ou mal leur contenu. Parmi les substances non indiquées, on trouve des stimulants comme l’éphédrine, des stéroïdes anabolisants androgènes comme la testostérone ou la nandrolone ou encore des prohormones (androstenedione, norandrostenedione), toutes sur la liste de l’agence mondiale antidopage.(2) Pas surprenant qu’en 2001, environ 20% des compléments alimentaires consommés par les athlètes hollandais sélectionnés pour les Jeux de Salt Lake City contenaient une substance interdite…(3)
Certaines études révèlent même des taux autrement plus élevés. Un rapport de la Food and Drug Administration publié en 2000 aux Etats-Unis a notamment établi que 70% des produits commercialisés sous le nom de “réatine” contenaient, sans le préciser, des substances anabolisantes.

Contrôles et traçabilité

 

À en croire ces chiffres, parmi tant d’autres, la nutrition des sportifs s’apparente à une vaste loterie. Mais la donne est peut-être en train de changer.

En 2003, le Système de Sécurité Néerlandais des Compléments Alimentaires pour le Sport Elite (NZVT) a réagi en proposant aux champions hollandais des produits analysés et respectant des normes de productions précises. Six personnes ont tout de même été contrôlées positives, malgré cela, en 2006. Mais 78% des sportifs participants aux Jeux d’Athènes ont confié avoir pris les produits agréés, marquant un réel progrès.

Le label français WALL-Protect® donne également des garanties dans cette jungle des produits. Le dispositif lancé en 2005 impose des critères stricts aux produits certifiés : audits des sites de production, analyses, traçabilité etc. Gage d’indépendance, la surveillance du respect de ces principes est effectuée par une tierce personne. Une garantie antidopage ” absolue “, affirment ses concepteurs.

Certes, l’approvisionnement en pharmacie permet déjà de réduire fortement les risques. Dans une recommandation de juin 2009, la Société française de nutrition du sport, qui regroupe des médecins et diététiciens, rappelle que ” l’acquisition de compléments devrait se faire en pharmacies et magasins spécialisés et non hors circuit sécurisé. “(4) Cependant, d’après les fondateurs du label, ” on trouve encore en pharmacie des compléments alimentaires pour sportifs susceptibles de positiver des contrôles “.

Un pourcentage d’erreur qui bénéficie aux vrais tricheurs. ” Certains joueurs se servent sûrement de ces produits limite qu