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McEnroe, les héros ne meurent jamais!

TennisAddict le mag n°18 - Mars 2016 | 08 Mars 2016 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Aujourd'hui commentateur écouté, John McEnroe demeure l'un des plus purs talents tennistiqOpen. Désormais sous contrat avec Head, l'homme aux 7 titres en Grand Chelem continue de fasciner.

LE TALENT À L'ÉTAT PUR

Plus qu'aucun autre joueur, John McEnroe symbolise le talent, la créativité, bref le génie. Sa gestuelle inimitable (il effectuait son lancer de balle dos au filet), ses volées, ses préparations relativement courtes en fond de court, comme ses coups de gueule envers les arbitres et ses «pétages» de plomb ont fait de «Big Mac» une icône du tennis. Ajoutez-y quelques provocations bien senties, du genre «J'ai plus de talent dans mon petit doigt que Lendl dans tout son corps» ou «Ma plus grande qualité, c'est que je n'ai aucun défaut» et vous obtenez un mythe, aujourd'hui âgé de 57 ans.

UN PALMARÈS EXCEPTIONNEL

Né en 1959 à Wiesbaden, l'Américain a remporté 77 titres ATP dont 7 en Grand Chelem (US Open 1979, 1980, 1981, 1984 et Wimbledon 1981, 1983, 1984). Trois de ses 7 finales ont été remportées contre Björn Borg. Seuls Roland-Garros, malgré une finale perdue en 1984 (voir plus bas) et l'Open d'Australie, qu'il a rarement disputé, manquent à sa collection. McEnroe a également gagné 3 fois les Masters (78, 83, 84) plus 5 Coupe Davis avec les Etats-Unis. Après un break de 6 mois début 1986, il prend une première fois sa retraite fin 1992. Il refera ensuite quelques apparitions sur le circuit, notamment en double. Simple et double confondus, il a amassé 12,5 millions de dollars sur les courts. Beaucoup plus en dehors.

EGALEMENT MONSTRUEUX EN DOUBLE

«La meilleure équipe de double au monde, c'est John McEnroe associé à n'importe quel autre joueur». Le compliment vient de Peter Fleming, son partenaire attitré. McEnroe s'est adjugé 72 titres en double - 9 en Grand Chelem-, dont 58 avec Fleming. Ensemble, les deux Américains ont remporté 7 Masters d'affilée de 1978 à 1984. Enfin, McEnroe possède la particularité d'avoir été n°1 mondial en simple comme en double. Un exploit qu'il est le seul à avoir réussi la même saison, en 1984.

1984, UNE SAISON EXCEPTIONNELLE

Avec 82 victoires pour 3 défaites, l'Américain affiche le meilleur ratio de l'ère Open : 96,47% de victoires en 1984. Cette saison là, il s'adjuge 13 titres (sur 15 tournois disputés) : Philadelphie, Richmond, Madrid, Bruxelles, Dallas, Forest Hills, le Queens, Wimbledon, Montréal, l'US Open, San Francisco, Stockholm ainsi que les Masters. Son premier match, il le perd en finale de Roland-Garros contre Lendl puis à Cincinnati contre l'Indien Vijay Armitraj et enfin en finale de Coupe Davis contre le Suédois Henrik Sundström. Même Federer en 2005 (81 victoires – 4 défaites, soit 95,3% de réussite) ou Djokovic (83 v – 6 d, 93,25%) n'ont pu faire aussi bien. Après cette saison de folie, l'Américain ne remporte plus de Grand Chelem.

ROLAND-GARROS, LA SYMPHONIE INACHEVÉE

Avant d'affronter Lendl en finale de Roland-Garros 1984, McEnroe a remporté ses 42 premiers matchs de la saison. Il part forcément favori face au Tchèque qui n'arrive pas à s'adjuger un Grand Chelem. Mais après deux sets et demi d'un flamboyant tennis offensif sur terre battue, la mécanique s'enraye. McEnroe s'énerve et finit par s'incliner (3-6, 2-6, 6-4, 7-5, 7-5). Il fait donc partie des grands attaquants (Sampras, Becker, Edberg et tant d'autres) qui n'ont jamais triomphé Porte d'Auteuil.

AMI AVEC BORG

Véritable opposition de styles, les Borg – McEnroe ont donné lieu à quelques matchs mémorables. On les surnommait le «feu» et la «glace», tant l'Américain pouvait se montrer colérique et le Suédois impassible. «Durant un match à La Nouvelle-Orléans, alors que je perdais contre Björn, j'ai eu l'une de mes célèbres montées de température. Jusqu'au moment où Björn me fait signe de venir au filet. J'ai alors eu la peur de ma vie. Le plus grand champion du tennis allait-il me passer un savon ? Mais Björn m'a seulement pris par les épaules et m'a dit : «Reste cool John, c'est juste un jeu. Apprends à te faire plaisir, et tout ira bien. J'étais abasourdi et fier», se souvient BigMac. «John a réussi à reprendre l'ascendant et gagner le match. Avant cet incident, il était assez renfermé, comme s'il ne faisait confiance à personne. Mais, par la suite, c'est comme s'il avait eu un déclic, en se disant : «C'est un mec bien, il me respecte». C'est ainsi qu'on est devenus potes», se souvient Borg. «Björn m'a pris sous son aile. Et quand les autres joueurs ont vu que Björn m'acceptait, ils l'ont fait aussi», poursuit McEnroe. Avec Vitas Gerulaitis, le trio sort beaucoup notamment à New York dans une boîte de nuit le studio 54. Les compères faisaient partis des habitués et se retrouvaient dans l'espace VIP avec des célébrités comme Andy Warhol, David Bowie, Cher, Rod Stewart, Diana Ross, Truman Capote, Liza Minelli et Mick Jagger.

LA FINALE DE WIMBLEDON 1980

Malgré l'amitié avec Borg, les matchs entre les deux hommes ont donné lieu à des duels épiques, l'un se précipitant au filet tandis que l'autre ajustait ses passings et ses lobs. La finale de Wimbledon, disputée le 5 juillet 1980, est considérée par beaucoup comme le plus beau match de tennis jamais joué. (1-6, 7-5, 6-3, 6-7 (16-18), 8-6, en 3H53). «Même si j'ai perdu, ce match est resté l'un des plus importants de ma carrière. Dans le dernier set, Björn m'a montré comment un vrai champion devait se comporter sur le court», souligne McEnroe. Autre moment fort, le premier sacre de McEnroe sur le gazon londonien face à Borg (4-6, 7-6, 7-6, 6-4) en 1981. L'Américain, n°2 à l'ATP, s'offre en même temps le luxe de battre le Suédois, n°1 mondial, qui était alors invaincu à Wimbledon depuis cinq ans.

UN FRÈRE TENNISMAN

Frère cadet de John, Patrick McEnroe, qui est droitier, a effectué une belle carrière. En double, il a notamment remporté Roland-Garros 1989 associé à Jim Grabb et fut 3e mondial de la spécialité en 1993. En simple, il a atteint les demi-finales de l'Open d'Australie 1991, simplement battu par Becker. Son meilleur classement reste une 28e place mondiale en 1995. En 1991, John a affronté Patrick McEnroe en finale du tournoi de Chicago. L'aîné l'a emporté (3/6, 6/2, 6/4), remportant son 77e et dernier titre sur le circuit. C'était la 2e fois que des frères s'affrontaient en finale après Emilio et Javier Sanchez à Madrid en 1987. C'est d'ailleurs Patrick qui a repris l'équipe des Etats-Unis de Coupe Davis quand John a démissionné en novembre 2000, après 14 mois sur la chaise. Enfin en 2007, les Etats-Unis remportent l'épreuve sous la conduite de Patrick.

BIG MAC ET LES ARBITRES

«Les arbitres sont souvent des joueurs frustrés qui n'ont pas de talent et qui sont juste heureux de pouvoir graviter autour de ce sport», estime l'Américain. Il faut dire que ses colères sont restées célèbres. Elles lui ont valu quelques amendes et suspensions, mais elles ont contribué à sa légende. Parmi ses phrases cultes : «Show me the mark !» («Montrez moi la trace »), «You cannot be serious !» («vous plaisantez !») ou «Answer my question jerk !» («Réponds à ma question abruti»).

ADMIRATEUR DE GAËL MONFILS

«Gaël Monfils est à mon avis le joueur le plus excitant à regarder actuellement, même s'il n'a pas de résultats aussi bons que les joueurs qui sont bien installés dans le Top 10. Parfois, on dirait qu'il cherche plus à faire le spectacle ou à faire quelque chose de fou sur le court, souligne l'ancien n°1 mondial. Ceci dit, on sait avec lui qu'il peut se passer quelque chose de dingue à tout moment. Même ses adversaires ne savent pas trop à quoi s'attendre avec lui... C'est bien d'être imprévisible, mais il ne faut pas que ça finisse par te gêner toi-même. Le boulot, c'est de gagner !»

SA DÉFINITION DU JOUEUR PARFAIT

«Il faudrait qu'il ait la puissance de Rafael Nadal, et qu'il sache mettre la même intensité que lui dans le jeu. Lui joue tous les points comme si c'était le dernier. Il faudrait qu'il ait le service de John Isner. Il a une super technique malgré sa taille. Le revers de Novak Djokovic. Le coup droit de Roger Federer. Les volées... Ah ça, c'est un peu dur. Pas beaucoup de joueurs volleyent aussi bien qu'avant... Je réfléchis. Pour le retour, je dirais Djokovic aussi. Et les volées... Je dirai Stefan Edberg, même s'il ne joue plus. Il a aidé Roger Federer à mieux volleyer ! Et enfin, ce joueur parfait devrait se déplacer comme Kei Nishikori. Ou comme Monfils. Une partie de moi dans ce joueur parfait ? Mes volées».

LES DIFFICULTÉS DU TENNIS AMÉRICAIN

Le dernier Américain à avoir remporté un Grand chelem chez les messieurs reste Andy Roddick à l'US Open 2003. A la question «Pourquoi aujourd'hui, aucun Américain ne semble en mesure de lui succéder ?», McEnroe répond : «Dans notre sport, il faut des athlètes incroyables. Or nos meilleurs athlètes vont vers d'autres sports. Aux Etats-Unis, il nous faut plus de joueurs de tennis !»

SA VISION DE LA NOUVELLE GÉNÉRATION

«Dans cette nouvelle génération, j'aime bien Nick Kyrgios, Borna Coric... J'aime les deux. Kyrgios est mon choix pour le prochain numéro 1 : il a beaucoup de personnalité. Coric, lui, est déjà très professionnel pour un gars aussi jeune. J'aime aussi bien Alexander Zverev. Ça va être intéressant de voir qui va être le meilleur de cette nouvelle génération !»

SES IDÉES POUR RENDRE LE TENNIS PLUS ATTRACTIF

«Plus de bruit ? Ce serait super ! Enfin c'est facile à dire pour moi car je ne joue plus… Mais je sais que personnellement, lorsque je jouais, plus la foule était à fond, plus je sentais son énergie. Et aujourd'hui, j'assiste à beaucoup d'événements sportifs, comme du basket ou du football américain, et parfois, j'aimerais qu'on ne soit pas considéré différemment dans le tennis, juste à cause de la manière dont les joueurs se comportaient dans le passé. Je crois que même si les gens passaient leur temps à hurler et à crier pendant un match de tennis, à tel point qu'on aurait du mal à s'entendre, les joueurs pourraient quand même jouer. C'est juste qu'ils n'y sont pas habitués.»

SON JUGEMENT SUR LE TENNIS ACTUEL

«Aujourd'hui, tous les joueurs ont leur propre staff, ils changent de raquette tous les sept ou huit jeux… Tout est différent : les raquettes, l'entraînement, la récupération. Il n'y a plus de place au hasard, ce sont des machines. Est-ce que j'aime cette évolution ? Je crois qu'on a la chance aujourd'hui d'avoir un niveau de jeu jamais atteint auparavant, mais c'est parfois un peu trop sur le plan humain. Les joueurs n'ont quasiment plus de vie et je respecte ça. Je souhaite juste que les joueurs ne jouent pas tous de la même manière».

YANNICK NOAH, PERSONNALITÉ PRÉFÉRÉE DES FRANÇAIS

«Je ne suis pas surpris qu'il soit le plus populaire. Je suis davantage étonné qu'il soit aussi performant dans la musique. C'est le rêve de tous les athlètes de pouvoir rebondir comme il le fait. Très peu de gens ont réussi une telle reconversion. C'est incroyable. Moi, quand je joue de la guitare, ça me fait apprécier mon tennis (il rigole). Yannick, il a cartonné dans les deux domaines. C'est fort»

PRÊT À DÉFIER SERENA

Avant l'US Open 2016, John McEnroe a déclaré qu'il se sentait capable «de battre Serena Williams». Donald Trump, candidat aux primaires républicaines pour les élections présidentielles américaines, aurait tenté d'organiser ce duel atypique au début des années 2000. «Il y a quinze ans, Donald Trump a fait une offre, qui je pense ne représentait pas assez, a révélé John McEnroe lors d'une émission de télévision. Je pense qu'il tentait de nous amuser. [...] Elle a beaucoup à perdre en s'inclinant face à un vieux comme moi. Et j'ai aussi à perdre, parce que si je perds face à, Dieu m'en garde, une femme, alors je ne serais plus admis dans un vestiaire masculin pour les 15 prochaines années, voire pour le restant de ma vie». Révélant qu'il faudrait une belle contrepartie financière pour organiser ce genre de rencontre, John McEnroe a cité le combat Pacquiao-Mayweather, avant de conclure: «Je ne pense pas que je pourrais la battre sur un ring de boxe, mais bien sur un court».

UNE CERTAINE IDÉE DE LA VIE

Contrairement aux champions actuels, McEnroe n'a pas consacré toute son existence au tennis. Il a d'ailleurs souvent avoué qu'il n'aimait pas trop la préparation physique et en faisait peu. John aime la musique, il chante et joue de la guitare. Il a notamment monté un groupe The Johnny Smyth Band, avec Patty Smyth, sa deuxième femme qui est chanteuse. Amateur d'art contemporain, il a eu une galerie à New York, joué dans de nombreuses séries et films. Aujourd'hui, il continue à jouer sur le Senior Tour et à commenter des matchs pour différentes chaînes (CBS, NBC, BBC, ESPN).

UNE VIE PRIVÉE MOUVEMENTÉE

John a d'abord eu 3 enfants avec son ex-femme, Tatum O'Neal, la fille de l'acteur Ryan O'Neal : Kevin, Sean et Emily puis deux autres avec Patty Smyth (Anna et Ava). Il vit encore à New York.

UNE NOUVELLE RAQUETTE

Après avoir joué avec une raquette en bois jusqu'en 1982, McEnroe a longtemps utilisé la Dunlop Max 200G. Depuis décembre dernier, après 35 ans chez Dunlop, il a signé avec la marque Head : «Head est fier d'officialiser un partenariat sur le long terme avec la légende du tennis : John McEnroe. Aux termes de cet accord, l'ancien numéro un mondial et l'un des tous meilleurs tennismen de tous les temps, jouera avec les raquettes HEAD Radical lors des épreuves séniors des ATP Champions Tour».

Photos : TOPFOTO/Scanpix à gauche et James Davis ci-dessus pour Bjön Borg Intl.

Par Baptiste Blanchet


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