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Pourquoi avez-vous créé votre marque RS Tennis ?

Je me suis toujours beaucoup intéressé au matériel, à mon équipement, aux différents matériaux, me montrant très pointilleux à ce sujet. Les journalistes m’ont souvent demandé quelle était ma balle préférée sur le circuit et j’étais incapable de répondre, d’en citer une en particulier. Comme je ne pouvais plus jouer, je me suis assis avec mon manager et nous avons évoqué des projets, c’est comme çaque l’idée de RS Tennis est arrivée, la première étape étant de développer une balle de ten- nis. Plus tard, j’ai décidé de créer des cordages et des surgrips.

 
Quelles sont les caractéristiques de vos balles et de vos cordages ?

Nous vendons deux balles différentes, la Black Edition et la Tour Edition, fabriquées à partir d’un caoutchouc de grande qualité, donc très résistantes. La Black Edition offre un grand contrôle mais peut-être un peu moins de vitesse que des balles Premium. De son côté, la Tour Edition est un peu plus rapide, elle s’adresse aux joueurs confirmés sur toutes les surfaces, les joueurs moyens pouvant l’utiliser sur dur pas trop rapide ou sur terre battue. J’ai aussi développé trois sortes de cordages. J’ai joué avec du Luxilon Alu Power durant de nombreuses années, je savais que c’était ce que je cherchais pour mon premier modèle, le RS Lyon, qui est malgré tout plus doux et conserve mieux la tension, avec des sensations similaires à celles que j’avais lors de ma carrière. Le RS Paris est mon deuxième cordage, plus résistant, avec un pro l octogonal pour les joueurs qui veulent beaucoup de lift. D’une certaine façon, cela peut ressembler au RPM Blast ou au Solinco Tour Bite. Le 3e cordage s’appelle RS New York, un multifilaments qui se rapproche le plus possible du boyau naturel. C’est vraiment une réussite qui devrait prendre de l’ampleur dans le monde du tennis.

 
Vous êtes partenaire des tournois de Memphis et Stockholm. Comptez-vous vous associer à d’autres épreuves ?

Oui nous discutons avec plusieurs événements de l’ATP Tour et du WTA Tour. Nous avons aussi décliné certaines offres car elles représentaient un plus fort investissementque le retour que nous pouvions en attendre. Mais bien sûr, vous allez voir les balles RS sur plus de tournois, de tous les niveaux. À long terme, le rêve serait de voir nos balles utilisées à Roland-Garros, ce serait comme gagner un Grand Chelem pour moi !

 
Comment envisagez-vous l’avenir de votre marque ?

Je sens que nous sommes en train de devenir un sérieux concurrent pour les grandes marques établies. D’autant que les joueurs du monde entier ont montré qu’ils étaient ouverts à quelque chose de nouveau. Le plus important pour nous est d’avoir un produit premium, avec en plus un packaging attractif. À moyen terme, RS Tennis pourrait fusionner avec une grande marque de sport. Nous grandissons très vite en termes de présence dans les magasins mais cela pourrait aller encore plus vite en s’associant à un grand joueur.

 
Vous avez par ailleurs été directeur du tournoi de Stockholm…

Oui c’était une super expérience. Cela vous donne beaucoup de respect pour l’organisation d’un tournoi, un respect que je n’avais probablement pas quand je jouais, tout simplement parce que je ne me rendais pas compte de la somme de travail pour organiser une épreuve ATP d’une semaine. Mais après deux ans, en ayant ma marque en même temps, j’ai naturellement donné la priorité à RS Tennis.

 
Vous êtes aussi le coach d’Elias Ymer. Pour- quoi avez-vous accepté de l’aider ?

Avant Elias, je ne me sentais pas prêt, j’ai pour- tant eu des demandes de la part d’excellents joueurs. Mais quand Elias m’a appelé (ndlr : Ymer est 134e à 21 ans, il est d’origine éthiopienne), m’a raconté son histoire, m’expliquant que j’étais son idole quand il était enfant et qu’il était prêt à tout pour obtenir mon aide, cela m’a inspiré. Nous avons fait quelques sessions d’entraînement, j’ai apprécié. Et sur le plan humain, je l’ai beaucoup aimé dès le premier jour. Et puis, j’ai envie d’aider le tennis suédois. Comme j’évolue au sein du monde du tennis, je peux combiner cette activité de coach et celle pour RS. Je compte voyager 15 semaines par an à ses côtés. Seul Elias sait jusqu’où sa motivation peut le mener. On ne peut de toute façon pas fixer de limites à un joueur de 21 ans, déjà classé parmi les 130 meilleurs.

 
Pour finir, quels sont vos meilleurs souvenirs en tant que joueur ? Vos deux finales à Roland-Garros, votre titre à Paris-Bercy 2010 ?

Ces moments représentent forcément beau- coup pour moi, mais si je devais en choisir un, ce serait ma première nale ATP à Stockholm, chez moi. J’avais seulement 19 ans, et c’était incroyable d’atteindre ce niveau dans ce tournoi que je rêvais d’avoir le droit de disputer un jour quand j’étais adolescent. J’ai perdu 7/6 au 3e contre Mardy Fish mais je me souviens que c’était énorme pour moi.