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Le choc des générations

TennisAddict le mag n°24 - Mars 2018 | 14 Mars 2018 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Si cette nouvelle génération composée de grands talents devrait émerger dans les années à venir, le BIG 5 n'a pas dit son dernier mot. En embuscade, la génération intermédiaire (Cilic, Dimitrov, Zverev, Goffin) pourrait profiter d'une période de transition à partir de 2019 pour s'offrir quelques titre majeurs. 

LA SITUATION ACTUELLE : LES VIEUX TOUJOURS VERT

Parler de renouvellement de géné- ration peut faire sourire au moment oùRoger Federer vient de récupérer la 1e place mondiale à 36 ans et 6 mois. Mais forcément, le Suisse sera un jour rattrapé par son âge, reste à savoir quand. Tout comme Nadal, qui fêtera ses 32 ans à Roland-Garros le 3 juin prochain. Novak Djokovic aura alors 31 ans. Le premier souffre régulièrement du genou, ce qui l'a contraint à l'abandon devant Cilic à l'Open d'Australie. Tandis que le Serbe, surle circuit pro depuis 2003, continue à souffrir du coude. De son côté, Andy Murray s'estfait opérer de la hanche à Melbourne au mois de janvier. Son retour est programmé pour la saison sur herbe. Pas avant. Il affichera alors 31 printemps.

« Je ne suis pas ni pour le tennis de haut niveau, a déclaré Murray à la BBC. Je redeviendrai compétitif. Je suis très optimiste pour le futur, le chirurgien est très satisfait de la manière dont s'est passée l'opération. Mon objectif est d'être de retour pour la saison sur gazon, mais je n'ai pas l'intention de me presser. Je reviendrai quand je serai prêt». À cet historique Big Four, on peut bien sûr ajouter Stan Wawrinka (bientôt 33 ans), de retour sur le circuit début 2018, après six mois d'absence en raison d'une opération au genou. Bref les cadors donnent des signes – logiques – d'usure. Seul Federer, qui joue seulement par intermittence, évolue de nouveau à son meilleur niveau, tandis que Nadal reste sur une année 2017 titanesque. À la Next Gen, composée des joueurs de 21 ans, et moins, d'en profiter.

Dans ce contexte, TennisAddict vous propose son scénario pour les années à venir.

 
JUSQU'À FIN 2018 - UNE PHASE DE STATU QUO

Federer sacré à l'Open d'Australie, Nadal encore intouchable sur terre battue, le Suisse redoutable sur le gazon de Wimbledon, puis un vainqueur surprise à l'US Open. Voilà notre pronostic.

Avec bien sûr la possibilité de coups d'éclats ponctuels pour d'autres joueurs, notamment dans les Masters 1000 car Roger et Rafa s'accorderont des périodes de repos. «Roger a compris qu'il lui fallait changer de raquette, écourter ses matchs en jouant encore plus vers l'avant, résume Fabrice Santoro dans l'Equipe. Tout cela lui a demandé un travail important, notamment côté revers mais il l'a fait brillamment. Federer a toujours aussi faim, il est toujours aussi professionnel et rigoureux, tout en ayant aujourd'hui conscience qu'il a moins d'essence dans le réservoir. Pourquoi s'arrêterait-il. Il est numéro mondial, chaque fois qu'il fait son job, il prend énormément de plaisir et donne tout autant au public ».

Quant à Nadal, sa marge sur ocre reste importante. L'an passé, l'Espagnol s'était imposé à Monte Carlo, Barcelone et Madrid ne concédant qu'une défaite à Rome devant Dominic Thiem. Finalement, la capacité de Djokovic, Murray et Wawrinka à revenir à leur meilleur niveau, et surtout le temps qu'il leur faudra, constituent la principale inconnue de l'année.Sur un tournoi ou quelques semaines, Marin Cilic, Grigor Dimitrov, Dominic Thiem, David Goffn et quelques autres demeurent redoutables, mais pas encore sur la durée d'une saison. Alexander Zverev a tout d'un grand mais il doit résoudre le syndrome qui l'empêche d'aller au-delà d'un 8e de finale en Grand Chelem, son meilleur résultat à Wimbledon l'an passé. L'Allemand vainqueur de cinq titres en 2017 (Montpellier, Munich, Rome, Washington, Open du Canada) aura égale- ment beaucoup de points à défendre. Reste le cas Nick Kyrgios dont les atouts (service, coup droit) en font un vainqueur potentiel en Grand Chelem. «J'ai l'impression de gagner en maturité en ce moment. Je veux en finir avec les montagnes russes. L'an dernier, il y a eu des moments où j'ai été vraiment très bon, et d'autres vraiment très mauvais. J'ai besoin de comprendre que la saison est très longue et qu'il faut être performant tout le temps», souligne l'Australien, 15e ATP, qui a atteint les 8es de finale à l'Open d'Australie et remporté le tournoi de Brisbane cette année.

 
POURQUOI ?

La thèse du statu quo s'explique par la difficulté accrue d'arriver au sommet. On le constate année après année, l'âge d'entrée dans le Top 10 et même dans le Top 100 recule.

Mi-février, parmi la Next Gen, seul Alexander Zverev, 20 ans, figurait dans le Top 10 (5 ). Si l'on pousse jusqu'au Top 50, les autres «jeunots» se nomment : Hyeon Chung (Corée, 21 ans, 30e), Andrey Rublev (Russie, 20 ans, 31e), Denis Shapovalov (Canada, 18 ans, 46e) et Karen Kachanov (Russie, 21 ans, 47e). Parmi les autres espoirs, on peut citer le Britannique Kyle Edmund, déjà 25e mondial à 23 ans. Une arrivée massive.

Parallèlement, les trentenaires sont à la fête avec Gilles Muller (34 ans), Jo-Wilfried Tsonga (32 ans), Kevin Anderson (31 ans), Fernando Verdasco (34 ans), John Isner (32), Tomas Berdych (32), Feliciano Lopez (36). Tout simplement parce que le haut niveau actuel demande une série de qualités impossibles à acquérir de façon immédiate (expérience, régularité, technique, endurance physique, mental).

 Logiquement, il faut passer par plusieurs phases d'apprentissage (juniors, puis tournois Future, puis Challengers, puis circuit principal lorsque le classement le permet), avec forcément une forte remise en question puisque le pourcentage de défaites augmente.

« Dans les tournois Future et Challenger,j'ai acquis la cofiance, la certitude que je pouvais disputer des tournois professionnels. Il s'agissait d'une étape importante pour moi qui arrivais des Juniors, avant d'intégrer le circuit principal», se souvient Hyeon Chung dans TennisAddict.

Le statu quo s'explique en n par la mainmise historique des cinq ogres : depuis 2004, sur les 57 Grands Chelems disputés, le Big 5en a remporté 53 (19 pour Federer, 16 pour Nadal, 12 pour Djokovic, 3 pour Wawrinka et Murray). Seuls Gaston Gaudio (RG 2004) Sa n (Australian Open 2005), Del Potro (US Open 2009) et Cilic (US Open 2014) sont parvenus à récupérer des miettes.

 
2019-2020 - UNE PHASE DE TRANSITION INCARNÉE PAR CILIC, GOFFIN, DIMITROV, THIEM, RAONIC, POUILLE.
 

Sur ces deux années, la génération intermédiaire va commencer à remporter des Grands Chelems (Roland-Garros pour Thiem, Wimbledon pour Dimitrov et un majeur sur dur pour Cilic).

Alors proche de la trentaine, cette génération intermédiaire va commencer à prendre le pouvoir. Il lui faudra au préalable accumuler les présences en 2e semaine de Grand Chelem. Car finalement à part Cilic (un titre, plus deux finales), et éventuellement Raonic ( finaliste lors de Wimbledon 2016, plus deux demi-finales), les autres manquent encore d'expérience au très haut niveau. Thiem ne compte par exemple «que» deux demiesen Grand Chelem, toujours sur terre battue (RG 2016 et 2017). Pareil pour Goffin (deux quarts), Dimitrov (2 demies plus un Masters). Un réel déficit d'expérience. 

Sur le plan psychologique également, cette génération devra parvenir à oublier ses aînés, a n de prendre le pouvoir. Ainsi à Rotterdam, Dimitrov, souvent surnommé «Baby Federer» pour sa gestuelle proche du maestro, a vite semblé résigné (défaite 6/2, 6/2). De même, David Goffin a souvent expliqué qu'il avait des posters de Federer dans sa chambre. Rublev, lui, admirait Nadal : « Après Safin, Nadal a été mon idole. Federer, j'admirais son jeu, mais ce n'était pas une idole. Nadal, j'achetais les mêmes tenues que lui, chaque fois qu'il avait une nouvelle collection. J'essayais de le copier ». Quant à Chung, il s'est beaucoup inspiré des attitudes de Djokovic. Bref, il faudra tuer le «père», sur le plan tennistique en tout cas.

 
POURQUOI ?
 

Le jeu, basé sur la défense et la couverture de terrain de Nadal, Djokovic et Murray, demande une forte débauche d'énergie ainsi qu'un mental à toute épreuve. D'où un possible effritement de l'ancienne génération. Mais pour se hisser au sommet, il faudra aussi gagner en régularité. Si l'on observe la remarquable saison 2017 de Marin Cilic, actuel n°3 mondial, on note beaucoup de hauts ( finale à Wimbledon, titre à Istanbul, quarts à RG, finale au Queens, demies à Shanghai), mais aussi quelques bas (défaites d'entrée à Miami, Indian Wells et Madrid). Idem pour les autres, Goffin (deux titres plus trois finales mais défaite d'entrée à Shanghai et Cincinnati, au 2e tour à Acapulco et Montréal, au 3e tour à Indian Wells, Miami ou Barcelone). Suffisant pour figurer dans le Top 10 mais encore loin des standards du Big 5. À ce niveau, chaque adversaire montre un surplus de motivation, entend vous faire tomber. Il faut donc parvenir à élever son niveau moyen. Et ce durant de longues semaines.

Par son âge (29 ans), son expérience, son jeu de puncheur, Cilic possède les atouts pour mener ce groupe. Le Croate est en tout cas l'un des seuls à avoir clamé haut et fort son envie de devenir n°1 mondial après l'Open d'Australie : «Mon objectif ultime est de devenir numéro 1 mondial. C'est pour ça que je travaille. L'année dernière, j'ai beaucoup progressé dans plusieurs domaines. Ces derniers mois, j'ai encore plus progressé. Ça me donne beaucoup de confiance. Être numéro 3 mondial derrière Federer et Nadal, c'est génial».

Souvent cité en exemple de précocité, leader de la Next Gen, Alexander Zverev ne cesse de temporiser, répétant que son avènement au sommet du tennis mondial prendra du temps, même s'il s'en rapproche déjà. «C'est très agréable d'entendre des trucs sympas dits par Nadal ou Federer. Mais je sais que beaucoup de jeunes extraordinaires ne sont jamais arrivés au top niveau. C'est sympa d'être remarqué mais on sait tous très bien qu'il me reste beaucoup de travail devant moi - et devant nous - pour arriver à mon meilleur niveau, reconnaît Zverev. Je suis encore en plein développement physique. Et je dois m'améliorer de ce côté-là pour être vraiment compétitif dans les Grands chelems face aux meilleurs. Évidemment, tous les enfants rêvent de gagner un Grand Chelem. C'est ce pour quoi je travaille, mais on sait tous que le chemin pour y parvenir est très long».

 
À PARTIR DE 2021 - PRISE DE POU- VOIR DE LA FAMEUSE NEXT GEN : RUBLEV, SHAPOVALOV, TSITSIPAS, CHUNG.
 
 

Dès 2021, les membre de la Next Gen vont s'offrir des titres majeurs et truster les premières places du classement.

Malgré leurs qualités indéniables, tous ces diamants doivent encore se polir, travailler sur le plan physique pour enchaîner les matchs en cinq sets. Ce qui n'exclut pas des coups d'éclat ponctuels dans les mois à venir. Le premier ayant été réalisé par Chung, demi-finaliste à l'Open d'Australie n janvier.«En les affrontant, j'ai appris que les «top joueurs» ne te laissent pas beaucoup d'opportunités. Je dois donc maintenir un niveau de concentration élevé et, comme eux, rester calme jusqu'au dernier point de chaque match», soulignait d'ailleurs le Coréen dans TennisAddict. Lors de l'US Open 2017, Rublev avait également pris rendez-vous en atteignant les quarts de finale. 

Le Canadien Félix Auger-Aliassime (17 ans, 167e), actuellement de retour après une blessure, peut prétendre intégrer ce groupe tant sa polyvalence et ses qualités de volleyeuren font un joueur à part. Mais il doit faire l'apprentissage des grands courts et du circuit principal. Karen Kachanov et son 1,98m, vainqueur à Marseille cette année, est déjà très proche du haut niveau. En 2017, il avait atteint les 8es de finale à Roland-Garros et les demi-finales à Halle. Dans les rangs français, Geoffrey Blancaneaux (19 ans, vainqueur de RG juniors 2016), comme le talentueux gaucher Corentin Moutet (18 ans) ont également une carte à jouer. Mais sans doute à plus long terme.

 
POURQUOI ?
 

Débarrassée du Big 5, sur des surfaces parfois plus rapides selon le voeu de l'ATP a n de rendre le jeu plus spectaculaire, la Next Gen va pouvoir faire parler son talent : Chung et son jeu de défense, Rublev n°1 mondial chez les juniors en 2014 avec son punch en coup droit comme en revers, Shapovalov et son talent de gaucher, sorte de mélange entre

le feu de Nadal et la grâce de Federer selon Mats Wilander, le Grec Stefanos Tsitsipas avec son revers à un main. «D'ici un an ou deux,le classement aura complètement changé.

Il y a beaucoup de jeunes qui arrivent et qui se débrouillent bien. Notre impact est réel, estimait ainsi Shapovalov en septembre 2017. C'est une période de transition en ce moment pour l'ATP».

 

Par Baptiste Blanchet


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