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Dans une interview accordée à l’Académie Laureus, dont elle est membre, Martina Navratilova s’est dite frustrée de l’annulation de Wimbledon. Frustrée pour elle, mais également pour les aînés du circuit actuel tels que Roger Federer ou Serena Williams qui « perdent du temps ». Et ses projets humanitaires avec Laureus, eux aussi, perdent du temps.

Depuis 1973, Martina Navratilova n’a pas manqué une seule édition de Wimbledon. En tant que grande habituée, la légende du tennis, actuellement confinée dans sa maison en Floride, est bien entendu déçue que la situation sanitaire actuelle ait engendré l’annulation du fameux Grand Chelem sur gazon. « A Nouvel An, nous les joueurs de tennis, nous portons toujours un toast à Wimbledon. Je viens à Wimbledon depuis que j’ai 16 ans. Je n’ai jamais manqué l’un d’entre eux. Ce sera mon premier été sans Wimbledon et ça me démange d’aller toucher l’herbe », a-t-elle confié.

La gagnante de 59 titres du Grand Chelem s’est également dite inquiète pour les aînés du circuit encore en activité qui perdent une année pour battre des records : « Seule la guerre a empêché les grands tournois de se dérouler, maintenant c’est cette pandémie et pour des joueurs comme Roger Federer et Serena Williams, c’est du temps perdu. Surtout pour Serena, Wimbledon étant sa meilleure chance de battre le record de Margaret Court. Elle est bloquée sur 23 titres et essaie d’atteindre 24, voire 25. C’est une occasion perdue, quand on ne rajeunit pas. Si j’étais dans cette situation, je deviendrais dingue de ne pas pouvoir jouer », a-t-elle avoué.

« Novak Djokovic est juste derrière Roger et Rafa dans la course aux grands titres, mais je pense que celui qui est le plus touché est Roger Federer, parce qu’il est l’aîné de loin. Mais il faut faire avec. Comme l’a dit Billie Jean King, “les champions s’adaptent”. »

Martina Navratilova finit par relativiser, avant la tant espérée reprise du tennis : « Dans ces moments-là, je pense que cela nous fait aussi réaliser à quel point nous avons eu la chance de pratiquer du sport pour gagner notre vie, mais cela manque à tout le monde, c’est toujours une si grande partie de nos vies. »

Martina Navratilova ici à Nairobi, au Kenya, lors d’un projet mené par Laureus.

Outre Wimbledon, c’est le monde du sport en général qui est à l’arrêt. Avec l’Académie Laureus, Martina Navratilova participe à plusieurs projets humanitaires dans le monde entier pour permettre à des enfants de pratiquer le sport, de se socialiser et de recevoir une éducation. La pandémie actuelle s’apprête à impacter tous ces projets. « Quand on se préoccupe de rester en vie, économiquement, on souffre et on donne forcément moins aux organisations caritatives. Elles sont les premières à partir. Il va donc être très difficile de poursuivre tous ces projets. Nous devons faire en sorte que l’argent continue à circuler d’une manière ou d’une autre », s’inquiète-t-elle.

En une vingtaine d’années, l’Académie Laureus Sport for Good a récolté plus de 150 millions d’euros, qui ont contribué au changement de vie de près de 6 millions de jeunes. Actuellement, plus de 200 programmes dans une quarantaine de pays utilisent le pouvoir du sport pour transformer des vies. Et Martina Navratilova continue d’apporter sa pierre à l’édifice.

 

Retrouvez l’interview intégrale ici.

Source : Laureus

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