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LE BLIND TENNIS : entretien avec Joël Carton ambassadeur de la discipline

TennisAddict le mag n°23 - Septembre 2017 | 19 Septembre 2017 à 8h00

Par Jérôme Fechter

Educateur fédéral depuis 30 ans, Joël Carton est devenu l'ambassadeur du Blind tennis, le tennis pour les aveugles et les mal-voyants, qu'il entend développer en France.

Comment avez-vous découvert le Blind tennis ?
Pour être franc, il y a un peu plus d'un an, je ne savais même pas que cette discipline existait, mais j'ai été contacté par une association, qui avait besoin d'un professeur et j'ai été enchanté ! J'ai eu un coup de foudre pour ce jeu, et moi qui m'attendais à voir des cannes et des chiens pour aveugles, j'ai vu arriver des gens passionnés qui ont envie de jouer, de s'amuser. Je précise toutefois que je ne suis pas «l'importateur» de ce jeu en France, puisqu'il s'agit de Guillaume Herviet, un jeune homme mal-voyant, qui a investi une bonne partie de ses économies (environ 15 000 euros) pour acheter du matériel.

Pouvez-vous résumer les spécificités de cette discipline ?
On utilise des balles spongieuses en mousse, avec un grelot  à l'intérieur pour que la balle soit suivie au bruit. Mais en principe, les aveugles ont droit à 3 rebonds or les balles actuelles ne font pas 3 rebonds, donc nous avons mis au point une balle mieux adaptée, proche de celle utilisée par les enfants pour les initiations au tennis, qui émet un bruit continue dès la frappe. On a déposé les brevets et nous espérons convaincre des investisseurs pour lancer des prototypes. Sinon, le terrain est un peu plus petit et il faut des bandes tactiles pour que les participants visualisent les limites du terrain. Les adultes utilisent en général une raquette junior, plus petite et plus maniable. La seule «contrainte» lors d'une partie est la présence d'une personne extérieure qui peut dire si la balle est bonne ou pas. Pour le reste, rien ne change par rapport au tennis traditionnel. Même s'ils ne voient pas la balle, les aveugles ou déficients visuels la «sentent» et parviennent très vite à faire un service, un coup droit, un revers. Ne me demandez pas comment ils y arrivent, ils font travailler des sens que nous utilisons peu : ils comptent leurs pas eux-mêmes, prennent des repères, se placent à l'oreille. C'est impressionnant.

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"PRÉPARER LES JEUX PARALYMPIQUES DE 2024"

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Qui vous accompagne dans cette démarche ?
Gilles Simon et Alizé Cornet ont très gentiment accepté de devenir les parrains de l'Association Française de Blind Tennis France, tandis qu'Olivier Delaître m'apporte son soutien en tant que vice-président de l'association et Conseiller Technique pour la pratique du Blind Tennis. En début d'année, nous avons rencontré Thierry Braillard, secrétaire d'Etat en charge des Sports, mais également Bernard Giudicelli, pendant sa campagne puis après son élection à la tête de la FFT, qui nous a confirmé que le projet verrait bien le jour. Notre idée étant que n'importe quel déficient visuel puisse jouer dans tous les 8000 clubs de tennis en France. Car pour le moment, seuls une dizaine de clubs proposent cette activité en France. Alors qu'elle existe déjà dans 27 pays dont l'Angleterre, le Japon, l'Espagne, la Corée, les Etats-Unis, le Mexique, la Pologne, etc.

Pour le moment, l'activité a du mal à démarrer ?
Oui, j'ai l'impression que les choses stagnent, d'être un peu seul Depuis le mois de mars et notre rencontre avec le Président de la FFT, les personnes aveugles et déficientes visuelles peuvent maintenant aller jouer dans les clubs. Mais par manque de fonds (3000 € environ) nous n'avons pas de quoi pouvoir faire un stock de balles, or il en faut environ 60 pour pratiquer les leçons, pour les vendre ensuite aux clubs et pour lancer les sections de Blind Tennis. Ces balles spécialisées fabriquées en Chine coûtent 12 euros l'unité. Voila ce qui nous freine dans le développement , malgré les très nombreuses demandes pour la rentrée 2017. Car cette activité ne nécessite pas forcément une formation spécifique des BE. Même s'il faut encore plus qu'ailleurs favoriser la réussite lors de l'apprentissage. J'ai par ailleurs contacté de nombreuses associations comme la Fédération des Aveugles de France pour leur expliquer que le Blind Tennis existe. Or nous savons que sur les 3,4 millions de déficients visuels dans le pays, environ 10% sont autonomes et qu'entre 50000 et 100000 personnes pourraient pratiquer le Blind tennis, ce chiffre n'étant pas négligeable dans un contexte d'érosion des licences traditionnelles.

Les chantiers restent donc nombreux ?
Oui, il y a d'abord eu un temps médiatique pour parler de l'activité dans Tennis Magazine, sur France 3 (environ 50000 vues), dans de nombreux journaux. Emmanuel Planque est venu me féliciter et compte faire travailler certains exercices de Blind Tennis à Lucas Pouille. Nous sommes en contact avec le CREPS de Toulouse pour mettre en place un module de formation spécifique. Je vais aussi tenter de voir si des tournois professionnels français veulent bien nous accueillir pour que nous organisions des initiations, peut-être à l'Open de Moselle grâce à Julien Boutter. Mais j'ai vraiment envie que la pratique puisse se développer, ce serait une bouffée d'oxygène ahurissante pour ces personnes. Si ça peut les rendre un peu plus heureuses et un peu plus «intégrées», ce serait parfait. Car on peut très bien organiser des séances mélangeant déficients visuels et valides. N'oublions pas que pour les déficients visuels ou les aveugles, le Blind tennis représente l'un des seuls moments où ils sont complètement libres. Grâce à ça, ces personnes prendront de la confiance en elles, de l'autonomie. Certes, elles ne joueront jamais comme Federer mais elles prendront du plaisir, pourraient contribuer à redynamiser certains clubs, qui en retour pourraient toucher des aides de l'Etat. Or beaucoup sont demandeurs. Notre but est que les déficients visuels apportent un autre regard sur leur handicap. Nous voulons enfin préparer l'arrivée du Blind Tennis aux Jeux Paralympiques de 2024, en ayant des équipes qui représenteront la France dans les différentes catégories et, pour cela, organiser un championnat de France.

Pour en savoir plus : 
www.blindtennisfrance.fr
contact@blindtennisfrance.fr

 

Par Jérôme Fechter


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