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Interview : Bob Sinclar - Superstar & Super Fan de Tennis

TennisAddict le mag n°16 - Mai 2015 | 12 Mai 2015 à 0h00

Par Baptiste Blanchet

Passionné depuis son enfance par la petite balle jaune, Bob Sinclar suit tout au long de l'année l'actualité du circuit, assistant à de nombreux tournois. L'un des plus célèbres DJ's français, qui mixe chaque année lors de la Journée des Enfants de Roland-Garros, a noué une amitié avec de nombreux joueurs tricolores mais aussi avec Roger Federer, qu'il admire particulièrement.

Pour TennisAddict, Bob Sinclar nous dit tout sur son « addiction » au tennis.

Quand as-tu découvert le tennis ?

Je devais avoir 8 ans, j'habitais à Paris dans le Marais. J'ai commencé à jouer au Carreau du Temple, dans le IIIe arrondissement de Paris, un marché couvert, où se pratiquait le commerce de vêtements, de cuirs et de fourrures, qui se transformait en deux courts de tennis. Je jouais là-bas une fois par semaine, grâce à la mairie du IIIe. Les parents cherchent toujours à inscrire leurs enfants à une activité sportive, donc moi j'avais le tennis en semaine et le foot le week-end. Vers 16-17 ans, les professeurs du club m'ont demandé de m'occuper des gamins au mini-tennis. Cela me plaisait, j'avais un bon contact avec eux, et cette activité m'a permis de gagner un peu d'argent de poche pendant 2-3 ans.

Tu étais doué ?

J'ai tout de suite eu un « feeling » pour ce sport, ça ne s'explique pas, mais j'avais zéro talent. Pourtant j'aurais rêvé d'être un athlète de haut niveau. J'ai remarqué que beaucoup de champions habitaient à côté d'un club de tennis, moi je n'ai pas eu cette opportunité. Quand tu vis dans Paris Centre, tu n'as pas des tonnes de possibilités pour jouer au tennis et ma mère, qui travaillait beaucoup, ne pouvait pas m'accompagner loin pour faire des tournois. Donc, je disputais uniquement celui du club. Attention, je ne suis pas en train de trouver des excuses pour expliquer que je ne suis pas devenu un grand joueur (rires). Ce talent, si tu l'as, ça se sent tout de suite.

Qui étaient tes premières idoles ?

Forcément quand Yannick (Noah) a remporté Roland-Garros en 1983, ça été un choc, qui a fédéré pas mal de choses en France, qui a « boosté » le tennis. Partout, les gamins se sont mis à jouer. Moi je regardais le tennis à la télé, je lisais Tennis Magazine dont les posters décoraient ma chambre. C'était l'époque des Noah, Leconte, Tulasne, et aussi McEnroe ou Borg. C'est drôle, je collectionne aussi les vieux numéros du magazine « Lui » et beaucoup de tennismen de cette époque ont posé dedans.

Aujourd'hui, tu joues régulièrement au tennis ?

Chaque mois, j'essaie de faire 15 jours de concerts et tournées, suivis de 15 jours de studio et de sport. Ce qui me permet alors de jouer 2 à 3 fois par semaine au tennis. Affronter des types très mauvais, ça me rassure (rires) mais j'ai aussi la chance d'avoir créé des liens d'amitié avec Paulo (ndlr : Paul-Henri Mathieu), « Nico » Mahut, Julien Benneteau ou Patrick Mouratoglou qui me font l'honneur de taper la balle avec eux. Dans ces moments-là, tout à l'air facile, tu peux avoir l'illusion d'être un bon joueur car ils te font briller, te mettent la balle juste au bon endroit. Mais si tu joues un match contre un adversaire normal, tu te rends vite compte que ça n'est pas si facile !

Quel est ton niveau ? 

Je dois jouer à peu près 15/5. Il y a 3-4 ans, j'avais fait le tournoi du TC Paris et perdu à 15/4 contre un gars d'une cinquantaine d'années qui avait été classé 0. Donc ça commence à renvoyer. Même si je n'y suis plus depuis 3 ans, le TCP reste mon club, un endroit où les bons joueurs ne refusent pas de taper la balle avec les plus modestes. Il s'agit vraiment d'un lieu agréable, pour les passionnés.

Peux-tu détailler chacun de tes coups ?

Je chipe beaucoup en revers, alors que j'avais un revers à deux mains pas mal quand j'étais jeune. Cela me permet de monter au filet, ce que j'aime bien. Je dirais que mon revers est un coup « chiant » pour l'adversaire, un peu une balle molle, qui ne rebondit pas beaucoup, mais plutôt régulier. Mon coup droit est plutôt bon, c'est mon coup fort. Mon service n'est pas si mauvais même si je suis un peu feignant sur mes jambes. J'avais pendant longtemps un problème de lancer de balle : je ramenais les doigts vers moi ce qui faisait que la balle partait sur la gauche. En laissant mes doigts tendus, ça fonctionne beaucoup mieux. Je reprends du plaisir à servir. Sur le plan du jeu, j'essaie de monter le plus possible au filet pour mettre la pression à l'adversaire. Et aussi parce que c'est plus amusant. Mais je ne maîtrise pas grand-chose (rires) !

Et sur le plan physique ?

Je mesure 1,75m un peu comme Sébastien Grosjean mais sans sa puissance en coup droit. Mon problème vient du jeu de jambes même si je pense être en bonne condition physique à 45 ans. Car les voyages te fatiguent pas mal, quand tu sors de l'avion tu es vidé physiquement, il te faut 3-4 jours pour redormir normalement. Or les jambes, l'ajustement, les petits pas, ça reste le plus important en tennis. Les champions eux, sont presque toujours sur la balle, contrairement aux joueurs de club. A mon niveau, on se trouve toujours dans l'urgence, on renvoie la balle plus qu'on ne la contrôle.

Depuis 4 ans déjà, tu participes à la Journée des Enfants de Roland-Garros ? Pour quelles raisons ?

A la suite du succès du clip  de la chanson « Hello » que j'ai tourné avec Martin Solveig sur le Court Central de Roland-Garros, Christophe Fagniez (directeur de la compétition) m'a contacté pour essayer de trouver un concept qui pourrait associer musique et tennis et ainsi créer l'événement lors de cette Journée des Enfants. J'ai tout de suite répondu « oui » car c'était la première fois que je pouvais allier ma passion pour le tennis et ma musique. Il faut dire que j'aime les challenges et les nouvelles expériences. L'idée de jouer deux heures de musique pendant que les joueurs font des exhibitions sur le terrain était complètement nouvelle. Tout le monde était très excité, mais en même temps intrigué car nous ne savions pas si cette combinaison était faisable. Ces quatre premières expériences ont été un énorme succès, il y a eu à chaque fois une énergie incroyable. Cette Journée des Enfants à Roland-Garros n'est pas une fête comme les autres, d'autant que tous ses bénéfices sont reversés à des associations. Il s'agit d'une belle opportunité d'associer ma musique au tennis. Et puis, de plus en plus de joueurs veulent venir s'amuser, ainsi que des personnalités du monde du spectacle ou du sport. J'en profite pour remercier encore Christophe Fagniez et le président Jean Gachassin pour cette proposition. Je pense qu'ils ont fait appel à moi car ils connaissaient ma passion pour le tennis. L'idée a d'ailleurs été reprise dans de nombreux  tournois. Roland-Garros sait se montrer novateur, comme avec le Tournoi des Légendes qui a également fait des émules.

Que ressent-on devant 15000 spectateurs ? Y-a-t-il plus d'émotion que sur une scène classique? 

J'ai fait beaucoup de spectacles à grande échelle, tels que le Stade de France, Bercy, le Champs-de-Mars jusqu'à 100 000 personnes, mais le Court Central de Roland-Garros reste très spécial pour moi. Je me mets une grosse pression pour que tout se passe pour le mieux. Les 15 000 personnes présentes ne sont pas là pour moi, ils viennent voir les joueurs de tennis s'amuser. Donc je dois coordonner mon mix pour que tout se transforme en une grande fête autour du tennis. Et quand je tape 3-4 balles j'ai le bras qui tremble. C'est beaucoup plus dur pour moi que de faire un mix.

Grâce à Roland-Garros, tu as noué des contacts avec pas mal de champions ?

Oui, j'ai un bon contact avec Federer. Il est tellement beau à voir. Quand il avait 28 ans, je lui ai fait savoir que pour ses 30 ans, j'aimerais bien jouer pour lui. Six mois avant son anniversaire, sa femme Mirka me contacte pour la fête qui a eu lieu en Suisse. Il y avait environ 70 personnes, que des intimes. Donc vous pouvez écrire que j'ai mixé pour les grands-parents de Roger, ça allait de AC/DC à Chic en passant par de la house. Il y avait vraiment de très bonnes « vibes » autour de Roger. Chaque fois que je le croise dans un tournoi, il m'invite à déjeuner, à ses séances d'entraînement. Mais Rafa est également un mec charmant. Et Djoko joue à chaque fois le jeu lors de la Journée des Enfants, il vient faire le fou avec moi, de façon très décontractée.

Tu es supporter de Roger ?

Oui, je crois qu'on peut dire ça. Ça va être difficile de le voir s'arrêter, car il a dit qu'il prendrait sa retraite en 2017. Une finale Cilic-Raonic ça joue super bien mais ça n'est pas comme un Rafa-Roger avec cette rivalité incroyable. Mais bon, Dimitrov joue très bien et va peut-être exploser. Lucas Pouille aussi me plaît. 

Et le tennis féminin ?

J'aime bien aussi. Ma préférée c'est la Polonaise Agnieszka Radwanska. Physiquement, elle est assez fine et je trouve qu'elle joue intelligemment, de façon atypique, même si comme la plupart des joueuses, elle monte rarement au filet. Elle chipe, elle fait des amortis. J'apprécie. Sinon Marion (Bartoli) nous a fait rêver. Il y a 2 ans, je l'avais croisée à Wimbledon à l'occasion d'une soirée pour la WTA. Elle était venue sans son père, avec juste un coach. On a commencé par discuter, puis tout au long de la quinzaine, on a échangé des textos, des coups de fil, de l'énergie. Elle a fini par remporter le tournoi alors qu'elle me disait que certains jours, elle avait du mal à marcher. Elle m'a invité à venir voir la finale, mais je ne voulais pas être le chat noir donc j'ai regardé sa victoire à la télévision. Par ailleurs, sans être fan de Serena, je dois reconnaître qu'elle a un jeu extraordinaire, elle est tout simplement au-dessus des autres. Quand j'étais gamin, j'adorais aussi Navratilova.

Tout au long de l'année, tu arrives à suivre le tennis ?

Bien sûr, comme un fou même. Je vis entre Paris et la Californie. Là-bas, j'ai quatre télés dans la maison, toutes allumées en permanence sur Tennis Channel. Ce qui me permet de voir les tournois, les rétrospectives, les grands matchs du passé. Et sinon, j'essaie d'aller sur le circuit le plus souvent possible. Cette année, je suis allé à Indian Wells, où j'ai participé à un gala de charité pour l'acteur Will Ferrel, à Miami aussi, car c'était la semaine des DJ's, puis à Monte-Carlo. Je serai bien sûr à Roland-Garros et j'essaie d'aller à Flushing-Meadows le plus souvent possible. Le tennis est un sport noble qui me touche beaucoup. 

Si tu devais citer 5 moments forts de tennis, lesquels te viendraient à l'esprit ?

On commence bien sûr par la victoire de Yannick en 1983 à Roland-Garros contre Wilander. Puis la finale de Coupe Davis France-Etats-Unis de Lyon 1991. Trois/quatre mois avant, Henri Leconte était quasiment dans une chaise roulante. Noah a eu l'audace de le sélectionner et en plus de lui mettre dans la tête qu'il allait battre Sampras ! Yannick dégage un charisme dingue, presque une sorte de magnétisme. Ensuite, je dirais la victoire d'Agassi à Roland-Garros devant Medvedev en 1999 puis Roger qui gagne Porte d'Auteuil en 2009... il avait tellement attendu. Et enfin, la victoire de Marion lors de Wimbledon 2013.

Comment vois-tu Roland-Garros 2015 ?

J'apprécie beaucoup Rafa mais j'avoue que j'aimerais bien voir quelqu'un d'autre gagner. Je l'ai vu à Monte-Carlo lors de sa demi-finale perdue contre Djokovic. J'ai trouvé qu'il jouait plus court que d'habitude. Mais ce n'est pas la première fois qu'il n'est pas au mieux avant le tournoi et qu'il le remporte quand même. Et puis sur cinq sets, le battre c'est autre-chose. Parmi les Français, je pense que Gaël Monfils peut réussir un coup. Il l'a montré à Monte-Carlo, même si je l'ai trouvé moyen contre Berdych. Gaël se sent bien sur terre battue, c'est son jardin. Sinon, je trouve que Gilles Simon réussit un bon début de saison. On parle peu de lui, parce qu'il n'est pas forcément spectaculaire, mais il joue un tennis propre et très juste sur le plan tactique. Après, Jo revient de blessure. Et puis il y a toujours cette pression que peuvent ressentir les Français. 

Il paraît que tu collectionnes vêtements, chaussures et raquettes ?

Oui, je dois avoir une centaine de pièces. J'ai tout Agassi pendant 10 ans, le fameux short en jeans. Du McEnroe, du Noah, du Ellesse, du Adidas. Thierry Champion m'avait donné pas mal de choses. Tout est entassé dans des caisses. J'avais récupéré des vêtements pour le clip avec Martin Solveig. Pour un événement de charité avec Patrick Mouratoglou et Serena, je vais en ressortir. Ça me donne un petit look si je tape la balle et me permet d'insister plus sur le côté drôle que sur mon niveau de tennis.

Tu es branché matériel ?

Oui assez mais je n'ai pas envie de faire de trop de pub. Disons que je joue français. Comme j'alterne entre 15 jours sans tennis et 15 jours avec, j'avais parfois mal à l'épaule. Là, j'ai trouvé un modèle qui me convient, alors que le tennis reste un sport traumatisant.

Le mot de la fin ?

Même si j'adore mon métier, j'aimerais vraiment prendre un coach comme le font les pros et me mettre sérieusement au tennis, sans interruption, sur une longue période. Pour parfaire ma technique, mieux jouer sur le plan tactique. Durant cette période, il faudrait que je joue des matchs, des tournois. De temps en temps, un mec ratera peut-être son match en se disant que c'est Sinclar en face (rires). J'aimerais bien m'offrir ça. Et monter disons 15/1. Ce serait un bel objectif. Un rêve réalisable. Même si je trouve que le niveau a beaucoup augmenté. Et que le tennis reste un sport exigeant et frustrant car parfois tu perds en jouant bien et tu gagnes en jouant mal !

 

Texte Baptiste Blanchet // Photos : Jean-Bernard Thiele - Victoria Azarenka, Bob Sinclar & Big Ali lors de la journée des enfants à Roland Garros en 2013.

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- SINCLAR VU PAR PAULO -

« Ça doit faire 8 ans que je connais Bob, la rencontre s'est faite via Thierry Champion, mon entraîneur de l'époque. Je lui fais taper la balle de temps en temps. C'est le vrai passionné. S'il avait pu tenter de faire carrière, je crois qu'il l'aurait fait. Je sais qu'il me suit tout au long de l'année sur le circuit car il m'envoie des messages régulièrement, me demande des nouvelles. Son niveau ? Je dirais qu'il vaut envion 15/4, mais il a clairement le potentiel pour monter plus haut. Je trouve qu'il possède une technique très correcte. C'est un puncheur qui aime le beau coup et venir au filet. D'ailleurs, il voudrait que moi, je monte davantage. Quand j'avais perdu contre Federer  (son idole !) à Roland-Garros en  2009, dans le vestiaire, j'ai pris sur moi pour aller demander son polo dédicacé à Roger. Bob met souvent des vieux shorts – il a plein de trucs d'Agassi, même de Borg je crois - des chaussures vintage car il apprécie la mode. C'est un mec vraiment top. D'ailleurs quand j'étais blessé au genou, je suis parti 5-6 jours avec lui en tournée. J'ai été frappé de voir à quel point sa vie ressemble à celle d'un tennisman sur le circuit : il passe ses journées seul dans une chambre d'hôtel, mixe 2 heures et change de ville le lendemain ».

 

Texte : Paul Henry Mathieu // Photo : Paulo et Bob Sinclar à Indian Wells 2015  

Par Baptiste Blanchet


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