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La rubrique de Pierre-Hugues Herbert

TennisAddict le mag n°17 - Septembre 2015 | 22 Septembre 2015 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Une fois n'est pas coutume, occupé par son parcours en double à l'US Open, Pierre-Hugues Herbert n'a pu prendre sa plume pour TennisAddict. L'occasion de discuter avec son père et formateur, Jean-Roch qui a décidé de ne plus suivre en tournoi en 2015 son fils, récent finaliste à Winston Salem, mais continue néanmoins à travailler pour lui, en gérant les à-côtés de sa carrière et surtout en écrivant des ouvrages sur le tennis.

Êtes-vous surpris des récents résultats de Pierre-Hugues, notamment sa finale à Winston Salem ?

Non, pas vraiment. Je me doutais que ça allait arriver à un moment ou à un autre. Ça aurait même pu venir plus vite s'il n'avait pas fait quelques erreurs fin 2014-début 2015, notamment celle de se blesser gravement 3 fois consécutivement en janvier-février. L'important pour moi à Winston-Salem, c'est que Pierre-Hugues ait atteint la finale d'un ATP 250, mais c'est surtout qu'il ait successivement battu, après être sorti des qualifications, 5 joueurs autour de la 50e place mondiale (Stakhovsky, Baghdatis, Bedene, Carreno-Busta, Johnson), avant de céder de peu face à Kevin Anderson (15e) en finale (6/4, 7/5), un joueur qui pourrait bien rentrer dans le Top 10 suite à son parcours à l'US Open. Je pense que Pierre-Hugues, parce qu'il l'a déjà fait en simple en Future et Challenger, et en double un peu partout, se sentait capable d'aller au bout. C'est un cap. En enchaînant les victoires, il s'est prouvé des choses. Qu'il était notamment capable de faire plus qu'un résultat sporadique par-ci par-là face à des «top-players».

Le fait d'avoir beaucoup joué en double a-t-il freiné sa progression en simple ?

Oui et non à court terme. Absolument pas à long terme. Le fait d'être 20e joueur mondial en double, dans la course avec Nicolas Mahut pour le Masters de Londres, a fait qu'avant Winston Salem, Pierre-Hugues n'est entré que dans 3 grands tableaux en simple, ce qui est excessivement peu. Depuis qu'il est revenu de blessure, la distorsion qu'il y a entre ses classements de simple et de double (140e/20e) le ralentit considérablement. Sa relative faiblesse en simple l'empêche presque à chaque fois de jouer les qualifications dans les ATP 1000 ou 500 où il dispute parallèlement le double. C'est la 1ère foits que ça lui arrive ! Mais, bon ! C'est comme ça. Pendant ce temps-là, il côtoie les meilleurs joueurs du monde dans les plus grands tournois. Il est sélectionné en Coupe Davis. Il en profite pour bien s'entraîner. Il n'est pas à plaindre et c'est conforme avec ce qu'a toujours été sa trajectoire. Commencer par battre les meilleurs en double, aller comme ça au bout des tournois, puis, avec un décalage d'environ 6 mois, se mettre à obtenir régulièrement le même type de résultats en simple. Je précise aussi que sur ses 8 victoires en simple, 6 en Future et 2 en Challenger, Pierre-Hugues a en même temps gagné le tournoi en double à 7 reprises (la seule exception : le Future de Montauban 2012 où il échoua en finale).

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Dernière minute

Toute la rédaction de TennisAddict félicite Pierre-Hugues et Nico pour leur titre en double à l'US Open. La première paire 100% française de l'histoire à s'y imposer. Un exploit fantastique !

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Donc dans le futur, Pierre-Hugues pourra selon vous continuer à disputer les deux épreuves ?

Tout à fait. Je pense qu'il faut arrêter de se fixer ce genre de limites idiotes. Pourquoi s'interdire par exemple de gagner un Grand Chelem simple et double, comme McEnroe le faisait à son époque ? C'est dans cette optique, pour que Pierre-Hugues soit peut-être un jour capable d'accomplir ce genre de performance, que nous avons toujours travaillé. Il n'y a qu'à Wimbledon que c'est plus difficile, car le double s'y dispute en 5 sets.

Vous n'êtes plus l'entraîneur de votre fils, qui travaille désormais avec la FFT. Comment vivez-vous la situation ?

Très bien. Parce que, il faut le savoir, la décision vient de moi. Elle a été prise unilatéralement au printemps 2014. Je me suis mis volontairement sur la touche, pour mieux permettre à Pierre-Hugues de prendre de la hauteur, de prendre son envol. C'était mûrement réfléchi et je lui ai annoncé à Rome lors des Internationaux d'Italie. Il a été plutôt surpris. Nous avons bouclé tranquillement la saison ensemble afin que Pierre-Hugues puisse avoir le temps de s'organiser. C'est un choix stratégique de ma part. L'idée, c'est que le fiston puisse «voir du pays» et qu'il se libère du poids des habitudes. Le moment me semblait venu pour que mon joueur entame cette dernière partie, fondamentale, de sa formation. Parce que, même très ouverts sur l'extérieur, nous n'avons pas pu faire autrement que de fonctionner en vase clos. J'entraîne Pierre-Hugues depuis qu'il a 3 ans. Alors, 20 ans d'étroite collaboration, ça fait beaucoup, et il avait sans doute besoin de se frotter seul à d'autres environnements, d'autres discours, de relativiser le chemin qu'on a parcouru ensemble. J'ai toujours considéré que c'était lui le patron, même si j'ai sciemment longtemps agi pour le protéger. Tout est très naturel. Il y a toujours une grande complicité entre nous. On dialogue de temps à autre. Il me semblait prêt à assumer la pleine responsabilité de son projet. Donc, pour le moment, il se débrouille, j'évite d'interférer. On verra pour  la suite.

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"JE ME SUIS MIS VOLONTAIREMENT SUR LA TOUCHE, POUR MIEUX PERMETTRE À PIERRE-HUGUES DE PRENDRE DE LA HAUTEUR"

(Jean Roch Herbert)

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Cela veut dire que vous pourriez retravailler ensemble ?

Oui mais, si Pierre-Hugues m'intègre dans l'avenir à son équipe, je voudrais que ce soit désormais dans une optique professionnelle, pour mes compétences, mon expertise, pas simplement parce que je suis son père, ou qu'il ait l'impression d'avoir une dette envers moi. J'enseigne le tennis depuis plus de 40 ans, j'ai monté une structure dans laquelle mon joueur – qui est aussi mon fils – a pu s'épanouir. J'ai fait mon boulot, voilà tout ! Il ne faut pas oublier non plus toute la famille qui est derrière. Mais, au final, c'est le joueur qui gagne les matchs sur le court. C'est sa vie, sa carrière, qui est en jeu. Pas la mienne. C'est à lui de tracer sa route. Il n'est donc pas obligé de me garder à ses côtés ad vitam aeternam. Ceci étant, sachez-le, ça a toujours été un bonheur de travailler avec Pierre-Hugues. C'est un gars très sérieux, une vraie crème pour un coach. Et je continue bien sûr de le suivre à distance, de regarder et de disséquer ses matchs quand ils sont diffusés quelque part.

Donc, si un autre joueur vous demandait de travailler avec lui, vous pourriez accepter ?

Oui, bien sûr. J'estime être qualifié pour le faire, j'ai bien appris le métier, non ? Mais c'est sûr que je préfèrerais rester aux côtés de Pierre-Hugues. Mille fois !

Concrètement que faites-vous cette année ?

Pour expliquer notre séparation, Pierre-Hugues a coutume de dire que je prends une année pour moi. C'est vrai aussi, c'est le cas. Je travaille toujours sur le «projet P2h», je «reste dans la boucle». Pierre-Hugues me salarie pour m'occuper de ses affaires et surtout faire de la «recherche-développement». J'ai notamment plusieurs livres en préparation sur des sujets divers qui touchent de près le jeu en général et «l'aventure P2h» en particulier. Il s'agit d'aspects enfouis de notre projet commun. Je n'en dirai pas plus. Il n'est pas forcément prévu de les publier à court terme. On en discutera avec Pierre-Hugues. Vous pouvez vous douter que nous avons vécu des moments délicats sur le plan financier, mais aujourd'hui la situation permet ce genre de parenthèse constructive. C'est nécessaire, je crois. 

Comment envisagez-vous la suite de la carrière de Pierre-Hugues ?

Je crois que Pierre-Hugues est loin d'avoir atteint ses limites. Il doit continuer de développer sa différence, à travers un jeu qui mette ses adversaires en échec. Il n'y a pas qu'une manière de taper dans une balle, qu'une façon de gagner des matches. Je crois que le tennis doit se concevoir comme un sport «pluriel». Vaincre, c'est imposer son «sport», sa filière. Inutile donc de chercher à être «meilleur» que les autres. On ne bat pas Nadal à son propre jeu… Quand on raisonne comme ça, bien des barrières tombent et il est possible d'aller très loin. Par ailleurs en double, c'est la première fois que P2h est associé à un véritable spécialiste, en la personne de Nicolas Mahut. Les résultats obtenus sont donc tout de suite impressionnants ! Donc la marge de progression me semble importante. Je suis curieux de voir comment tout ça va évoluer.

Par Baptiste Blanchet


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